Eglises d'Asie

Économie : la crise du chômage s’ajoute à la crise sanitaire aux Philippines

Publié le 10/06/2021




Le 7 juin, le gouvernement philippin a publié un nouveau rapport déplorant plus de 4 millions de demandeurs d’emploi en mai, contre 3,4 millions en mars. Le père Emman Afable, de Sorsogon (à l’extrême sud de l’île de Luçon), évoque plusieurs millions de Philippins forcés de recourir aux aides alimentaires. Le prêtre, qui estime que le chômage devient plus problématique encore que le coronavirus, appelle les autorités à mettre fin à la corruption de certains élus accusés de détourner les aides.

Des ouvriers philippins dans le cadre d’une manifestation organisée à Manille à l’occasion de la fête du Travail (photo d’archive).

Le chômage est devenu encore plus problématique que le coronavirus aux Philippines, selon un prêtre catholique philippin de Sorsogon (au sud de la région de Bicol, à l’extrême sud de l’île de Luçon). Le père Emman Afable, qui réagit après la publication d’un rapport du gouvernement évoquant plus de 4 millions de personnes sans emploi dans le pays, ajoute que plusieurs millions de Philippins sont forcés de mendier et d’avoir recours aux aides alimentaires pour s’en sortir. Selon le rapport gouvernemental publié le 7 juin, 4,14 millions de personnes étaient sans travail en mai 2021, contre 3,4 millions en mars. « Rien que dans ma paroisse, nous recevons chaque jour plusieurs centaines de lettres d’appels à l’aide. Nous offrons des provisions et d’autres aides, qui sont distribuées immédiatement. Les gens ont faim, et beaucoup de Philippins s’appauvrissent », assure le père Afable. Le prêtre ajoute que les épiceries solidaires qui ont été ouvertes à Manille et dans d’autres régions du pays ne sont pas suffisantes pour nourrir les plus démunis.

Mettre fin à la corruption

« Ces épiceries et les dons des catholiques ne suffisent pas à long terme, s’il y a de moins en moins de bienfaiteurs et si les gens ont de plus en plus faim. Aujourd’hui, dans ma paroisse, nous avons moins de donateurs et plus de personnes qui viennent demander de l’aide », poursuit-il. Il affirme que la situation empirera si le gouvernement philippin permet aux fonctionnaires corrompus de détourner et empocher les aides prévues pour les plus pauvres. « Nous ne devons pas nous reposer sur l’Église seule pour donner du travail aux gens et nourrir le peuple. C’est le gouvernement qui a les fonds. Donc à moins que le gouvernement n’intervienne pour arrêter ceux qui se remplissent les poches en pillant les aides, nous sommes en plein naufrage », déplore le père Emman Afable. « Aujourd’hui, il y a beaucoup de groupes qui appellent à mettre fin à la corruption au sein du gouvernement. Il faut qu’ils puissent devenir la voix du peuple afin de pousser le gouvernement à se réformer. »

(Avec Ucanews)


CRÉDITS

Basilio Sepe