Eglises d'Asie

Éducation : les chrétiens s’opposent à un projet de loi

Publié le 31/10/2018




Les chrétiens indonésiens s’opposent à l’adoption d’une nouvelle loi sur l’éducation religieuse, dont les clauses inaugurent des permis officiels exigés pour ouvrir des écoles du dimanche ou encore donner des cours de catéchisme ou d’études bibliques. Le père franciscain Vinsensius Darmin Mbula, de la commission épiscopale pour l’éducation de la conférence des évêques d’Indonésie, estime que le projet de loi est susceptible d’être manipulé par les groupes extrémistes afin de s’attaquer aux communautés chrétiennes. Le projet de loi devrait en principe être voté d’ici l’année prochaine.

Les organisations chrétiennes indonésiennes ont condamné fermement une nouvelle loi sur l’éducation religieuse qui exigerait des permis officiels pour ouvrir des écoles du dimanche, des cours de catéchisme ou encore d’études bibliques. Le projet de loi sur « les internats islamiques et sur l’éducation religieuse » stipule en effet que pour organiser de telles activités, il faut un minimum de quinze participants et obtenir l’accord du ministère des Affaires religieuses. On peut s’attendre à ce que la nouvelle loi, qui cherche à contrôler la façon dont les religions sont enseignées dans les écoles et qui veut définir la façon dont le gouvernement les soutient et les finance, soit votée d’ici l’année prochaine. Le père franciscain Vinsensius Darmin Mbula, de la commission épiscopale pour l’éducation de la conférence des évêques d’Indonésie, a déclaré que les clauses de la loi en question sont « une menace » pour les communautés chrétiennes.

« Cela risque de limiter les chrétiens qui mettent en œuvre des parts essentielles et inséparables des activités religieuses », affirme-t-il. « La première responsabilité de l’État est de protéger et d’assurer que chaque religion puisse diffuser ses activités, et non de contrôler et de les freiner. » Le prêtre, qui est également président du Conseil indonésien de l’Éducation catholique, affirme que le projet de loi, s’il est voté, pourrait être potentiellement utilisé par les groupes extrémistes pour s’attaquer aux communautés chrétiennes. « La loi sera manipulée par ces groupes pour justifier l’interdiction d’activités en affirmant qu’elles sont contraires aux clauses de la loi », ajoute-t-il. Gomar Gultom, secrétaire général de la Communion des Églises protestantes d’Indonésie (Indonesian communion of Churches), a déclaré que les écoles du dimanche et le catéchisme sont des activités éducatives informelles qui ne doivent pas être régulées et traitées de la même manière que l’éducation classique. « Cela fait partie des services d’Église pour les enfants et les adolescents, et c’est inséparable de notre culte », affirme-t-il.

Juventus Prima Yoris Kagoo, président de l’Association des étudiants catholiques d’Indonésie, confie qu’il salue le fait que le gouvernement s’intéresse davantage à l’éducation religieuse, mais il pense que cette fois-ci, il va trop loin. « Le gouvernement devrait se limiter aux écoles classiques. Pour des activités informelles telles que les écoles du dimanche, il faut laisser les Églises appliquer leurs propres critères », souligne-t-il. Une pétition en ligne contre le projet de loi, lancée par des chrétiens sur le site change.org, a attiré plus de 161 000 signatures, demandant que l’État ne s’occupe pas des écoles du dimanche et des cours de catéchisme. Afin de répondre aux critiques, Ace Hasan Syadzily, un des auteurs du projet de loi, a confié que les législateurs étaient ouverts aux suggestions, en particulier provenant des organisations religieuses. « Nous voulons organiser des rencontres avec les représentants de chaque religion, y compris les catholiques et les protestants », a-t-il déclaré le 27 octobre.

(Avec Ucanews, Jakarta)