Eglises d'Asie

Élections : les évêques philippins s’adressent aux candidats qui entrent en campagne

Publié le 05/04/2019




Lors des élections générales du 13 mai, à mi-parcours du mandat du président Rodrigo Duterte, les électeurs Philippins vont élire douze sénateurs, les membres de la Chambre basse du Congrès, ainsi que tous les élus des provinces, villes et municipalités à travers le pays. Avant le début des campagnes électorales, qui vont s’ouvrir cette semaine, plusieurs prêtres et évêques philippins ont pris la parole pour adresser quelques recommandations aux électeurs et aux futurs candidats. Parmi eux, Mgr Gerardo Alminaza, évêque de San Carlos dans le centre des Philippines, a confié son espérance que les élections locales se déroulent paisiblement. Namfrel, un organisme de surveillance des élections aux Philippines, espère que les élections ne seront pas gâchées par les achats de votes et par les menaces.

Un prêtre catholique de Manille a appelé les futurs candidats aux élections générales du 13 mai à respecter la solennité des célébrations durant le temps du carême. Le père Jérôme Secillano, secrétaire général du conseil des affaires publiques de la conférence épiscopale des Philippines, a lancé cet appel avant le début des campagnes électorales, qui commencent cette semaine. « Ce rappel est destiné à demander à leurs électeurs et sympathisants d’éviter de faire du bruit près des églises, surtout quand une messe est célébrée », explique le prêtre. Le vicaire de la paroisse de Quiapo, un district du centre de Manille, a lancé le même appel. Le père Douglas Badong souligne par ailleurs que si les candidats veulent venir à la messe, « il faut vraiment qu’ils soient là pour prier, et non pas pour se montrer en spectacle ». Le père Edwin Gariguez, responsable du secrétariat pour l’action sociale de la conférence épiscopale, affirme que c’est toujours la tentation des candidats durant le temps de carême, de se montrer en train de prier, « pour montrer qu’ils sont religieux ». Le prêtre ajoute que les électeurs du pays, majoritairement catholiques, favorisent encore les candidats considérés comme croyants. Récemment, les évêques catholiques des Philippines ont également appelé les candidats locaux et nationaux à signer des « accords de paix » pour assurer le maintien de l’ordre durant les élections du 13 mai. Mgr Broderick Pabillo, évêque auxiliaire de Manille, confie que si ces accords peuvent aider à maintenir la paix dans la politique locale, « ils doivent être encouragés ».

Mgr Gerardo Alminaza, évêque de San Carlos dans le centre des Philippines, pense que même si certains candidats ne respectent pas ces accords, « ils auront au moins signé, et ils pourront être tenus responsables plus tard ». Pour l’évêque, c’est une « bonne idée » que la commission électorale signe ces accords de paix parce qu’il « ne faut pas abandonner l’espoir que cela se déroule pacifiquement ». « Tout le monde sait que les élections locales sont plus instables, plus dures que les élections nationales, à cause de la proximité des candidats concurrents », confie James Jimenez, porte-parole de la commission électorale. Dans le sud de l’archipel philippin, à Cagayan de Oro, Mgr Antonio Ledesma a appelé les électeurs à « discerner et se laisser guider par Dieu », durant les élections. Il a rappelé que les électeurs ont le pouvoir de voter pour ceux qu’ils jugent les plus appropriés, en particulier pour ceux qui défendent des valeurs morales, parce que toute la communauté « est concernée par les choix de ses dirigeants ». L’archevêque de Cagayan de Oro a également appelé les candidats à éviter de s’engager dans des « campagnes de diffamation », les jugeant « contre productives ». « Plus vous dénigrez les gens, plus cela se retournera contre vous. Ce qui est important, c’est de vraiment vous concentrer sur réalisations concrètes et positives, et laissez les électeurs choisir. » L’organisation Namfrel (Mouvement national des citoyens pour les élections libres), un organisme de surveillance des élections aux Philippines, a confié son espérance que les élections de cette année ne soient pas gâchées par les achats de votes et par les menaces et intimidations. « Nous croyons dans la force de l’espérance », confie Dianne Kristie Anislag, qui représente le mouvement à Cagayan de Oro. Lors des élections générales du 13 mai, à mi-parcours du mandat du président Rodrigo Duterte, les Philippins vont élire douze sénateurs, les membres de la Chambre basse du Congrès, ainsi que tous les élus provinciaux et municipaux du pays.

(Avec Ucanews, Manille)


CRÉDITS

Vincent Go