Eglises d'Asie

Environnement : une coalition défend la mangrove et les indigènes de Malacca

Publié le 29/03/2019




Le 27 mars, la commission franciscaine Justice, Paix et Intégrité de la Création (JPIC) et le Forum indonésien pour l’environnement (Walhi) ont déposé une plainte auprès de la police de Kupang, la capitale de la province, contre la société PT Inti Daya Kencana. La coalition accuse cette société d’exploitation de sel d’avoir détruit plus de 240 hectares de mangrove dans la province indonésienne des Petites îles de la Sonde orientales (Nusa Tenggara), dans le district de Malacca. Selon le père Alsis Goa Wonga, directeur de la commission JPIC, le défrichage de la mangrove a détruit l’équilibre écologique et social de la zone, dont dépend la communauté indigène Waewiku de Malacca.

Une coalition de groupes religieux et d’organisations protectrices de l’environnement a appelé à agir contre une société d’exploitation de sel, accusée d’avoir détruit plus de 240 hectares de mangrove dans la province indonésienne des Petites îles de la Sonde orientales (Nusa Tenggara). Le 27 mars, la commission franciscaine Justice, Paix et Intégrité de la Création (JPIC) et le Forum indonésien pour l’environnement (Walhi) ont déposé une plainte auprès de la police de Kupang, la capitale de la province, contre la société PT Inti Daya Kencana. Ils affirment que la société poursuit son exploitation sans licence et en violation des lois sur la régulation des zones côtières et sur la gestion forestière, qui protègent les forêts de mangrove. Selon les défenseurs de l’environnement, les activités de la compagnie ont entraîné l’éviction illégale des populations indigènes et le défrichage de 242 hectares de mangrove, dans le district de Malacca, afin de faciliter l’exploitation du sel. Ce secteur était une source importante de revenus pour les communautés locales, affirme la coalition. Si les responsables sont jugés coupables, ils risquent jusqu’à dix ans de prison et une amende de 700 000 dollars US.

Le père Alsis Goa Wonga, directeur de la commission JPIC, soutient que tous les projets de développement devraient être pensés de manière à améliorer la vie des communautés, sans négliger les aspects écologiques, culturels et sociaux, ainsi que les lois en vigueur. « Ce qui s’est passé à Malacca s’est fait au mépris de tout cela », ajoute-t-il. « Le défrichage de la mangrove a détruit l’équilibre écologique et social de la zone, ainsi que le lieu de vie de la communauté indigène Waewiku de Malacca. » Umbu Wulang Tanaamahu Paranggi, directeur général du forum Walhi pour la province des Petites îles de la Sonde orientales, affirme que la société doit réparer les dégâts écologiques qu’elle a causés. « La compagnie a ignoré les principes du développement durable », poursuit-il. « Le but des projets de développement est de répondre aux besoins des gens, sans sacrifier les droits des générations futures. » Elizabeth Bano, une villageoise de Badarai, explique que la mer et les zones côtières sont une source vitale. « Nos vies dépendent des poissons et des crevettes que nous pêchons en mer, et que nous mangeons ou que nous vendons au marché », confie-t-elle. « Mais ils pourraient disparaître rapidement », prévient-elle, ajoutant que les villageois exploitent déjà près de 30 à 50 kilogrammes de sel par jour, qu’ils vendent dans un marché local. « Si tous ces lieux sont exploités par une entreprise, comment allons-nous pouvoir gagner notre vie ? » La coalition affirme que la société PT Inti Daya Kencana a lancé ses opérations en 2017 analyses sur les conséquences des projets sur l’environnement, une condition pourtant essentielle. Dans un communiqué, la société a répondu qu’elle assumait ses actions et qu’elle était prête coopérer avec l’enquête policière.

(Avec Ucanews, Jakarta)


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