Eglises d'Asie

Éruption de volcan Taal : l’Église Philippine se mobilise pour l’intervention d’urgence auprès des évacués

Publié le 15/01/2020




Mgr Romulo Valles, archevêque de Davao et président de la conférence épiscopale, a publié une lettre pastorale afin d’appeler les catholiques à « se montrer solidaires » avec les milliers de Philippins qui ont été évacués. « Durant cette situation très difficile, nous sommes invités à poser des actes de charité », a souligné l’archevêque, dans sa lettre adressée aux évêques et aux administrateurs diocésains. Le 14 janvier, les autorités ont appelé à « l’évacuation totale » de presque un million de personnes, alors que le volcan Taal, situé à près de 60 kilomètres de Manille, continue de cracher des cendres dans un rayon d’environ 14 kilomètres.

Le volcan Taal, en éruption le 12 janvier 2020. Le gouvernement philippin a appelé à évacuer la zone dans un rayon de 14 kilomètres.

L’Institut philippin de vulcanologie et de sismologie a signalé les risques d’une « éruption explosive » qui pourrait survenir dans les heures ou jours à venir. Au 13 janvier, plus de 25 000 personnes avaient déjà trouvé refuge dans les centres d’hébergement temporaire installés par le gouvernement. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a estimé qu’environ 449 000 personnes vivent dans un rayon de 14 kilomètres autour du volcan, tandis que 930 000 personnes vivent dans une « zone de danger » plus large, fixée à 17 kilomètres. Les autorités ont averti que les habitants vivant dans les zones les plus proches du volcan sont les plus exposés aux effets d’une éruption potentielle, notamment un éventuel tsunami volcanique qui pourrait survenir sur le lac entourant le volcan. Mgr Valles a appelé tous les diocèses philippins à organiser de nouvelles collectes durant les messes, afin d’aider les Églises locales les plus affectées par l’éruption. L’archidiocèse de Manille a également publié une lettre pastorale, en demandant l’organisation d’une collecte dans toutes les églises à compter du 18 janvier. Le chancelier de l’archidiocèse, le père Reginald Malicdem, a ajouté que des intentions de prière vont également être partagées « pour la fin des éruptions et pour que tous soient en sécurité ». Mgr Rolando Tirona, archevêque de Caceres, a lui aussi appelé à soutenir les victimes par la prière et par l’aide financière.

Alertes contre les fraudes

La conférence épiscopale a également averti la population contre les arnaqueurs qui utilisent les noms des évêques pour solliciter des dons. Selon Mgr Jose Colin Bagaforo, évêque de Kidapawan, des fraudeurs utilisent son nom et celui d’autres évêques « afin de solliciter des dons via des dépôts bancaires ». Le père Marvin Mejia, secrétaire général de la conférence des évêques, a appelé « à rester vigilant et à prendre des précautions en consultant l’évêque concerné », face aux demandes de dons. Les évêques ont également alerté sur les commerces qui cherchent à profiter de la catastrophe, les prix de certains produits de base et des masques de protection ayant grimpé en flèche depuis le début de la catastrophe. Le père Dan Cansino, secrétaire général de la commission épiscopale pour la santé, a appelé les professionnels de la santé à participer aux interventions dans les zones affectées afin de soutenir les familles déplacées, en particulier les personnes âgées et les enfants. La Croix Rouge philippine a annoncé avoir déjà envoyé plusieurs équipes afin de participer à l’évacuation des habitants concernés. « Nous recommandons à tous de prendre des mesures préventives pour éviter l’inhalation des cendres », a averti Richard Gordon, président de la Croix Rouge philippine. Au 14 janvier, l’agence philippine était déjà intervenue auprès de 14 491 personnes logées dans 35 centres d’hébergement situés dans les provinces de Cavite et de Batangas. Les autorités ont également annoncé la préparation d’un plan d’urgence sur trois mois, pour assister les populations évacuées. « Une fois, le volcan Taal est entré en éruption durant six mois », explique Joselito Castro, responsable du Bureau de gestion et de prévention des risques de catastrophes naturelles de la province de Batangas. « Dans l’éventualité d’un scénario catastrophe, nous nous préparons pour au moins la moitié de ce délai. »

(Avec Ucanews)


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