Eglises d'Asie

Face à la pandémie, l’école Sainte Catherine de Sienne de Mumbai soutient l’éducation des enfants démunis

Publié le 31/10/2020




Durant la pandémie, la Société de bienfaisance pour les enfants démunis (Welfare Society for Destitute Children), une ONG qui vient en aide aux enfants défavorisés, s’est adaptée à la crise en lançant des cours en ligne et des distributions alimentaires. L’institution, qui accompagne près de 500 élèves, dont beaucoup viennent des bidonvilles de Mumbai, est également confrontée au manque d’accès à Internet. « Ces cours en ligne donnent l’occasion aux enseignants de constater les conditions misérables dans lesquelles vivent leurs élèves, ainsi que le niveau d’illettrisme de leurs familles », confie frère Joseph, secrétaire de l’ONG.

Frère Joseph, directeur de l’école Sainte Catherine de Sienne pour les enfants démunis (St Catherine of Siena School for Destitute Children), explique que la pandémie du Covid-19 et ses conséquences économiques et sociales ont amené son institution à se concentrer encore davantage sur les plus pauvres, en adaptant son fonctionnement. Frère Joseph souligne que face à la pandémie, son établissement a dû « réagir et trouver des solutions, pour que l’enseignement puisse continuer auprès des enfants démunis ». « Parmi ces nouvelles mesures, nous avons lancé des cours en ligne. Dans ce cadre, les enseignants ont dû créer des contacts personnels en ligne avec les élèves et leurs parents. Mais puisque nos enfants, qui viennent des bidonvilles alentour, ont peu d’accès à la technologie, cette situation a également entraîné de nouveaux rapports entre les enseignants, les élèves et leurs familles. Ces cours en ligne sont comme une visite à domicile, et donnent l’occasion aux enseignants de voir par eux-mêmes les conditions misérables dans lesquelles vivent leurs élèves, ainsi que le niveau d’illettrisme de leurs familles », confie le religieux. « Le fait d’enseigner au sein de l’école Sainte-Catherine ajoute une dimension missionnaire, un défi, en faisant des enseignants des acteurs de changement », souligne-t-il, en précisant que ces cours en ligne sont possibles grâce à la situation géographique de l’école, située dans la métropole de Mumbai. « Le signal Internet est excellent, tandis que dans les villages éloignés, même s’ils ont un téléphone, le faible réseau rend la connexion difficile. »

30 % de la population indienne sans smartphone

Actuellement, en Inde, la proportion de la population indienne possédant un smartphone est évaluée entre 60 et 70 %. On compte donc entre 30 et 40 % d’habitants qui n’en ont pas, ce qui pose un sérieux problème face à la crise sanitaire. Ainsi, près de 400 à 500 millions d’Indiens sont marginalisés, et de nombreux jeunes sont exclus du système scolaire en ligne. « Depuis la création de notre institution en 1957, nous avons aussi lancé des programmes de conseil pour les enfants et pour les parents des enfants des rues. Cette année, nous accompagnons plus de 500 élèves. Notre communauté assume l’éducation et la formation des enfants orphelins ou semi-orphelins, des enfants des rues et des enfants en détresse », explique frère Joseph, qui est également secrétaire et administrateur adjoint de la Société de bienfaisance pour les enfants démunis (Welfare Society for Destitute Children), une ONG qui vient en aide aux enfants défavorisés depuis plus de soixante ans. Dès le début du confinement, l’association a apporté une aide alimentaire aux personnes dans le besoin et aux travailleurs migrants qui se sont retrouvés coincés et sans travail.

« À l’heure actuelle, nous avons distribué plus de 150 000 repas dans les gares, les arrêts de bus et mêmes devant les portes de l’école [voir photo] », assure frère Joseph. « La faim et la pauvreté sont visibles dans notre ville », souligne-t-il. Selon l’Indice de la faim dans le monde 2020, l’Inde est classée au 94e rang sur 107 pays. « Nous continuons de les nourrir, et les files d’attente s’allongent, parce que beaucoup de gens ont arrêté les distributions alimentaires », confie-t-il. Récemment, l’association a également ouvert un programme de coiffure afin de permettre aux plus démunis, qui reçoivent régulièrement des aides alimentaires, de profiter d’une coupe de cheveux. « Nous leur avons aussi donné du savon et une serviette pour qu’ils puissent se laver. Nous continuerons tant que la faim est toujours là », assure-t-il. « Notre fondateur, le père Anthony Elenjimittam, aimait appeler les plus pauvres des ‘anges en haillons’ [« Angels in rags »]. Nous cherchons à soulager toutes les souffrances physiques, psychologiques et spirituelles affectant les enfants et les sans-abri, les orphelins et les personnes démunies. »

(Avec Asianews, Mumbai)


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