Eglises d'Asie

Festival d’Obando : les couples philippins dansent devant Notre Dame de Salambao

Publié le 28/05/2019




Le festival d’Obando, dans la province de Bulacan dans le nord du pays, dans l’île de Luçon, rassemble chaque année de nombreux pèlerins durant la troisième semaine du mois de mai. Des fidèles de tout le pays viennent y vénérer saint Pascal Baylon, sainte Claire d’Assise et Notre Dame de Salambao. De nombreux couples viennent prier et danser devant les saints pour demander un enfant, une tradition locale qui remonterait avant même l’arrivée du christianisme dans le pays. La fête de saint Pascal Baylon, qui tombe à la fin de la période des pluies, est également une occasion de danser pour célébrer le début des récoltes.

Tous les ans depuis quatre ans, Reynan et Michelle Regalado, trentenaires, se rendent à Obando, dans la province de Bulacan dans le nord du pays, pour prier dans l’espérance d’avoir un enfant. Ils viennent prier et danser devant une statue de la Vierge Marie. Quand on lui demande la raison de cette dévotion, Reynan ne peut retenir ses larmes. « Quand on voit les gens commencer à danser, on se sent transformé, surtout quand on se joint à eux », raconte-t-il. « Je ne peux pas l’expliquer, mais c’est une expérience bouleversante. » Joanne et Bert Pascual, 37 ans tous les deux, ont également participé au festival annuel, qui a lieu tous les ans durant la troisième semaine du mois de mai, même s’ils expliquent avoir déjà eu la grâce d’avoir un fils. « Nous étions mariés depuis cinq ans avant sa naissance », explique Joanne, qui vient depuis 2015. Celle-ci était enceinte un an plus tard, après leur deuxième visite à Obando. Depuis, ils entreprennent le pèlerinage annuel et ils continuent de danser au sanctuaire, pour « remercier les saints patrons pour nous avoir enfin accordé cette bénédiction ».

Merly et Richard Cerezo, de la province de Batangas de l’autre côté de l’île de Luçon, sont quant à eux venus durant neuf ans à Obando. Eux aussi ont fini par avoir un fils. Les rituels consacrés à la fertilité qui ont lieu à Obando attirent des gens de toutes origines chaque année, de tout le pays. C’est le seul festival du pays qui est célébré durant trois jours consécutifs, afin de vénérer saint Pascal Baylon, sainte Claire d’Assise et Notre Dame de Salambao. La danse de la fertilité qui y a lieu, en revanche, fait partie d’une tradition qui remonte avant même l’arrivée du christianisme aux Philippines. Quand les missionnaires espagnols sont arrivés, ceux-ci ont convaincu les autochtones de perpétuer cette tradition devant les images des saints plutôt que devant des idoles païennes. « La danse est une forme de prière, à l’image de ce que disait saint Augustin – ‘Chanter, c’est prier deux fois’ » explique le père Gino Carlo Herrero, du diocèse de Malolos. Le prêtre ajoute que la fête de saint Pascal Baylon tombe à la fin de la période des pluies, d’où les danses qui célèbrent également la saison des récoltes. Interrogé sur le succès de ce pèlerinage et les nombreux fidèles qui n’hésitent pas à croire aux miracles, le père Herrera répond que « la foi n’est pas quelque chose de figé, elle grandit toujours. Quand on s’accroche à Dieu, il y a toujours quelque chose de bon qui surviendra dans votre vie ».

(Avec Ucanews, Bulacan)


CRÉDITS

Jire Carreon