Eglises d'Asie

Kandhamal : les familles des victimes des massacres de 2008 célèbrent la fête de la Miséricorde Divine

Publié le 14/04/2021




Le 11 avril lors de la fête de la Miséricorde Divine, le père Purushottam Nayak, curé de la paroisse de Raikia, dans le district de Kandhamal (touché par les massacres antichrétiens de 2008), a présidé une messe en présence d’Anita Pradhan, veuve de Sibina Pradhan, tué en 2008 à cause de sa foi : « J’ai fait l’expérience de la Divine Miséricorde. Sibina nous manque beaucoup, mais nous savons qu’il est avec Jésus. Nos trois fils – Anirudha, Chandan et Jitima – savent que leur père aimait Jésus plus que sa propre vie, et qu’il a été tué parce qu’il faisait partie du Corps du Christ. »

Le 11 avril, le diocèse de Cuttack-Bhubaneswar a célébré la fête de la Miséricorde Divine en présence d’Anita Pradhann veuve de Sibina Pradhan, tué en 2008 lors des massacres de Kandhamal.

Le 11 avril, le diocèse de Cuttack-Bhubaneswar, dans l’État d’Odisha (dans l’est de l’Inde), touché il y a plus de douze ans par les massacres antichrétiens de Kandhamal (le 25 août 2008), célébrait la fête de la Miséricorde Divine. Le père Purushottam Nayak, curé de la paroisse Notre-Dame de Charité de Raikia, dans le district de Kandhamal, a présidé une messe spéciale en présence d’Anita Pradhan, veuve de Sibina Pradhan, tué brutalement et mutilé par des extrémistes hindous durant les attaques de 2008. « À cause des restrictions en vigueur contre le Covid-19, seul un nombre limité de personnes a pu participer à la célébration, dont de nombreux jeunes », confie le père Nayak, qui raconte l’histoire de Sibina Pradhan, originaire de Sisopanga, un village de la paroisse de Raikia. Il a été tué violemment, et son corps a été mutilé après sa mort avec une hache et une épée, parce qu’il s’était converti de l’hindouisme au catholicisme. « J’ai accueilli le christianisme parce que c’est une religion vraie, et je n’y renoncerai pas, même si je dois être tué », a-t-il dit courageusement à ses bourreaux. Son meurtre était tellement violent et son corps tellement mutilé que sa femme, Anita, n’a pu reconnaître son corps après sa mort. Sa dépouille repose aujourd’hui au cimetière de Raikia.

105 martyrs dont 7 catholiques

« Ma foi est forte », témoignait sa veuve durant la célébration du 11 avril, émue. « J’ai fait l’expérience de la Divine Miséricorde de Jésus. Sibina nous manque beaucoup, mais nous savons qu’il est avec Jésus. Nos trois fils – Anirudha, Chandan et Jitima – savent que leur père aimait Jésus plus que sa propre vie, et qu’il a été tué parce qu’il faisait partie du Corps du Christ. C’est la Miséricorde Divine, l’amour de Dieu pour nous », a-t-elle confié. Pour le père Nayak, « la foi d’Anita reste forte malgré les nombreuses difficultés qu’elle a rencontrées durant sa vie ». « Le gouvernement ne lui a toujours pas versé les compensations promises. Et ses inquiétudes financières se sont alourdies avec la pandémie », ajoute le prêtre. Mgr John Barwa, archevêque de Cuttack-Bhubaneswar, a demandé au père Nayak de préparer un dossier pour la phase diocésaine du processus de béatification des martyrs d’Odisha. Après cette étape, les documents seront envoyés au Vatican pour poursuivre les enquêtes et vérifications. Le prêtre a dressé une liste de 105 martyrs, dont sept catholiques. Cette liste compte des chrétiens de toutes confessions, mais aussi des hindous et des musulmans, entre autres, tués pour avoir secouru et défendu leurs frères et sœurs chrétiens. Le père Nayak souligne que l’archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar souhaite honorer tous les non catholiques et non chrétiens qui ont sacrifié leur vie lors des massacres de 2008. Un groupe de sept prêtres l’assistent pour rassembler les témoignages de leur martyre.

(Avec Asianews)


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