Eglises d'Asie

La Commission des droits de l’homme de l’Asean dénonce le « quasi-esclavage » subi par des pêcheurs indonésiens

Publié le 15/05/2020




Le 12 mai, la Commission intergouvernementale de l’Asean sur les droits de l’homme a appelé le gouvernement indonésien à mener une enquête approfondie sur des accusations d’esclavage portées contre des exploitations de pêche chinoises employant des travailleurs migrants indonésiens. « Ce n’est pas la première fois que des pêcheurs indonésiens subissent les discriminations et les traitements inhumains de sociétés de pêche étrangères », a déclaré le bureau indonésien de l’organisation. Selon Retno Marsudi, ministre indonésienne des Affaires étrangères, 46 Indonésiens se trouvaient sur les chalutiers concernés : « Certains d’entre eux n’ont pas reçu de salaire, et ceux qui ont été payés n’ont reçu que 120 dollars pour 13 mois de travail. »

Yuyun Wahyuningrum, représentante de l’AICHR pour l’Indonésie, a appelé à une enquête approfondie sur le quasi-esclavage subi par des pêcheurs indonésiens sur des chalutiers chinois.

La Commission intergouvernementale de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) sur les droits de l’homme (AICHR) a appelé le gouvernement indonésien à mener une enquête approfondie sur une affaire de quasi-esclavage de pêcheurs indonésiens, employés sur des chalutiers chinois. Quatre d’entre eux sont décédés récemment, et les corps de trois d’entre eux avaient été jetés à la mer. Le gouvernement indonésien a découvert cette affaire après une vidéo virale publiée le 7 mai, montrant les membres d’équipage d’un bateau chinois jeter le corps d’un pêcheur indonésien par-dessus bord. Par ailleurs, le 8 mai, 14 pêcheurs indonésiens ayant subi des situations d’exploitation et d’esclavage sur le chalutier Long Xin 629 sont arrivés en Indonésie et ont été placés dans un centre de quarantaine de Jakarta.

« Ce n’est pas la première fois que des pêcheurs indonésiens subissent les discriminations et les traitements inhumains de sociétés de pêche étrangères », a déclaré l’AICHR Indonésie dans un communiqué, publié le 12 mai. Le bureau indonésien de l’organisation a appelé le gouvernement à lancer une enquête approfondie sur les accusations concernant les chalutiers Long Xing 629, Long Xing 605, Long Xing 802 et Tian Yu 8. L’AICHR a également appelé le gouvernement à enquêter sur certaines agences de recrutement comme Lakemba Perkasa Bahari, Alfira Perdana Jaya et Karunia Bahari, à propos d’accusations de traite des personnes. Selon l’organisation, le décès de pêcheurs indonésiens à l’étranger met en évidence des pratiques abusives. L’AICHR Indonésie a également appelé le gouvernement à faciliter la transparence et l’accès à la justice pour les victimes et leurs familles, pour qu’elles reçoivent des compensations rapides et adaptées aux souffrances causées.

120 dollars pour 13 mois de travail

Yuyun Wahyuningrum, représentante de l’AICHR Indonésie, a également appelé à une coopération multilatérale entre les pays pour la résolution de l’affaire. « J’appelle tous les États concernés à la responsabilité maritime et à la coopération multilatérale afin d’assurer que cette affaire ne puisse pas se répéter, en faisant respecter les droits de l’homme en mer », a-t-elle déclaré. « Nous devons protéger ceux qui travaillent dans les secteurs de la pêche, du tourisme et du commerce maritime, dans les industries pétrolières et gazières et toutes les autres activités en mer, y compris les femmes travaillant pour des industries de pêche côtière. » Selon Yuyun Wahyuningrum, le droit à travailler dans des conditions dignes et la protection contre la traite des êtres humains et l’esclavage sont garantis par la Déclaration des droits de l’homme de l’Asean. « Toutes les entreprises ont le devoir de respecter les droits de l’homme, selon Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme », a-t-elle ajouté. La ministre des Affaires étrangères, Retno Marsudi, a également annoncé que 46 Indonésiens se trouvaient dans les équipages des quatre chalutiers chinois concernés. « Certains d’entre eux n’ont pas reçu de salaire, et ceux qui ont été payés n’ont reçu que 120 dollars US pour 13 mois de travail », a-t-elle dénoncé. « Ils ont été forcés de boire de l’eau de mer filtrée et subir des journées de travail de 18 heures. »

(Avec Ucanews, Jakarta)


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