Eglises d'Asie

La fondation Ramon Magsaysay annonce les nouveaux lauréats du Prix Nobel asiatique

Publié le 03/08/2019




La Fondation Ramon Magsaysay, qui organise chaque année le prix du même nom, surnommé le « Prix Nobel asiatique », a annoncé les nouveaux lauréats pour l’édition 2019. Un musicien philippin ayant marqué durablement la culture du pays, deux journalistes engagés en Birmanie et en Inde, une militante des droits de l’homme en Thaïlande et un Sud-Coréen luttant contre la violence en milieu scolaire font partie des lauréats du prix Ramon Magsaysay. La fondation explique qu’ils ont été choisis pour leur engagement pour le développement humain en Asie, « avec courage et créativité ». La remise des prix aura lieu le 9 septembre à Manille, au Centre culturel des Philippines.

Un musicien philippin, deux journalistes de Birmanie et d’Inde, une militante des droits de l’homme en Thaïlande et le père d’un jeune suicidé en Corée du Sud font partie des lauréats du prix Ramon Magsaysay 2019, appelé « Prix Nobel asiatique ». Les lauréats ont été choisis parmi des candidats connus pour avoir défendu des causes destinées à améliorer la qualité de vie et transformer les sociétés en Asie. « Ils ont montré une vraie force morale et un acharnement passionné afin que les sociétés asiatiques n’oublient personne, en servant tous les habitants plus équitablement et avec plus d’attention, en particulier auprès des plus démunis », explique Carmencita Abella, présidente de la Fondation Ramon Magsaysay (Ramon Magsaysay Award Foundation). « Vraiment, ce sont des témoignages inspirants pour leurs visions, leur exemple, leur persévérance et leurs réussites », a-t-elle ajouté. Les journalistes Ko Swe Win, rédacteur en chef de Myanmar Now, et Ravish Kumar, directeur général du réseau indien NDTV (New Delhi Television Network), faisaient partie des lauréats de cette année. Ko Swe Win a été honoré pour « son engagement inlassable pour pratiquer un journalisme indépendant, éthique et engagé en Birmanie », explique la fondation. Le journaliste est connu pour son « sens de la justice incorruptible et sa recherche permanente de la vérité ». Depuis 2017, il a fait l’objet d’accusations de diffamation pour avoir critiqué le moine bouddhiste ultranationaliste Ashin Wirathu, qui a affirmé que les musulmans rohingyas sont des immigrants illégaux en Birmanie. En Inde, Ravish Kumar a été honoré pour « son engagement inlassable pour un journalisme professionnel et éthique ». La fondation du prix Ramon Magsaysay évoque sa « grande force morale démontrée en défendant la vérité, avec indépendance et intégrité ». En permettant aux sans voix de s’exprimer pleinement, Ravish Kumar a pratiqué un journalisme respectueux d’un de ses objectifs les plus nobles, défendre la démocratie, poursuit la fondation. Le programme du journaliste sur NDTV, Prime Time, aborde de nombreux problèmes qui restent souvent dans l’ombre dans la société indienne, comme le quotidien des nettoyeurs d’égouts ou des tireurs de rickshaw (pousse-pousse), entre autres.

Courage et créativité au service de la société

Un musicien philippin, compositeur et chef d’orchestre, est également lauréat du prix 2019 pour ses compositions et ses représentations « qui ont inspiré et façonné la musique populaire philippine depuis plusieurs décennies ». Raymundo Pujante Cayabyab, connu sous le diminutif de Ryan Cayabyan, a montré que « la musique pouvait vraiment inspirer la fierté et la joie, et unifier les gens au-delà des barrières qui les divisent », a acclamé la fondation Ramon Magsaysay. Le musicien de 65 ans a commencé à composer dans les années 1970, et a mené une carrière remarquable depuis. En 2018, il a été proclamé Artiste national des Philippines pour sa contribution à la musique philippine. Une militante des droits de l’homme en Thaïlande, Angkhana Neelapaijit, a également été honorée par le Prix Nobel asiatique cette année, pour « son combat inflexible pour défendre la justice », en faveur des victimes des violences et des conflits dans le sud du pays. Elle a été récompensée pour « son travail de réforme, constant et inlassable, d’un système judiciaire injuste et corrompu ». Angkhana Neelapaijit est décrite comme « la preuve éclatante que même les personnes les humbles peuvent toucher tout un pays en s’élevant contre les violations des droits de l’homme ». En 2006, elle a créé la fondation Justice pour la Paix (Justice for Peace), un réseau de militants qui documente la situation des droits de l’homme dans le sud de la Thaïlande. Sa fondation fournit également une aide juridique aux victimes.

Le Sud-Coréen Kim Jong-ki fait également partie des lauréats pour avoir créé la Fondation de prévention contre la violence juvénile (FPYV – Foundation for preventing youth violence) après le suicide de son fils. La fondation cherche à lutter contre la violence à l’école, « un problème social général qui affecte les élèves, les familles, l’école et toute la communauté ». Durant des années, la fondation FPYV a défendu le problème auprès du gouvernement, jusqu’à obtenir le vote, en 2004, d’une loi sur la prévention et la gestion de la violence en milieu scolaire. La fondation Ramon Magsaysay a honoré Kim Jong-ki pour « le courage discret qu’il a montré en transformant son deuil en une mission destinée à protéger les jeunes Coréens des fléaux de la violence et du harcèlement ». Le Sud-Coréen fait partie des lauréats pour « son engagement inlassable à transmettre aux jeunes les valeurs de confiance, de tolérance et de respect mutuel ». La remise des prix aura lieu au Centre culturel des Philippines, le 9 septembre à Manille. Le prix Ramon Magsaysay est organisé tous les ans depuis 1957. Il a été créé pour perpétuer la mémoire de l’ancien président Ramon Magsaysay, de son intégrité et de son courage au service du peuple. Le prix est accordé à des personnes qui ont œuvré pour le développement humain en Asie « avec courage et créativité, en contribuant à transformer la société ».

(Avec Ucanews)


CRÉDITS

DR