Eglises d'Asie

La Mongolie a élu un nouveau président après une campagne marquée par le Covid et l’abstention

Publié le 11/06/2021




Le Parti Populaire mongol (MPP), qui contrôle déjà le parlement, a revendiqué la victoire aux élections présidentielles du 9 juin, après une campagne discrète en raison de la pandémie. Khurelsukh Ukhnaa, ancien Premier ministre, du parti MPP (héritier du parti au pouvoir à l’époque communiste), a remporté 68 % des voix. Le président sortant, Khaltmaa Battulga (Parti démocrate), n’a pas pu se présenter en raison d’amendements constitutionnels récents limitant la présidence à un unique mandat de six ans.

Ce mercredi 9 juin, les citoyens mongols ont élu leur sixième président après une campagne électorale plus discrète que prévu en raison de la pandémie. Ukhnaa Khurelsukh, du parti MPP (Parti Populaire mongol, centre gauche, héritier du parti au pouvoir à l’époque communiste), a remporté les élections avec 68 % des voix – le parti contrôlait déjà le parlement et le gouvernement. Le président sortant, Khaltmaa Battulga, est issu du Parti démocrate, dont le candidat n’a obtenu que 6 % des voix. En raison de récents amendements constitutionnels, qui imposent un seul mandat présidentiel de six ans, le Parti démocrate, libéral conservateur, avait choisi Sodnomzundui Erdene comme candidat pour remplacer Khaltmaa Battulga. Le slogan du candidat démocrate, « la Mongolie sans dictature », exprimait ses craintes qu’une victoire du parti MPP puisse conduire le pays vers un régime de parti unique. Le mois dernier, huit membres du parlement se sont également engagés dans une grève de la faim afin de protester contre les actions supposées du MPP qui, à l’aide de trois institutions d’État, la Cour constitutionnelle, la Cour Suprême et le Comité électoral général, aurait tenté de manipuler les élections.

Le nouveau président élu avec 68 % des voix

Samedi dernier, presque mille partisans de Ukhnaa Khurelsukh, le candidat nouvellement élu, se sont rassemblés devant une salle conférence. La dernière ligne droite de la campagne s’est ensuite poursuivie en ligne quand le principal rival de Ukhnaa Khurelsukh, le candidat écologiste Dangaasuren Enkhbat, a été testé positif au Covid-19, ce qui aurait compromis sa campagne – il a obtenu seulement 20 % des voix. « Les deux partis se valent », estiment de son côté Sumati Luvsandendev, un analyste politique de la Fondation Sant Maral, en parlant du Parti démocrate et du MPP. « Il n’est pas évident de déterminer lequel est le meilleur », ajoute-t-il. « De son côté, Dangaasuren Enkhbat [le candidat écologiste] s’en est bien sorti en consolidant des voix dans les zones urbaines, même si ses chances étaient faibles contre l’influence du MPP. » De fait, Sumati Luvsandendev s’attendait à une victoire du parti MPP. Dangaasuren Enkhbat espérait notamment le soutien de la jeunesse. De son côté, Khaltmaa Battulga, le président sortant, reste populaire parmi les électeurs, dont beaucoup ont été déçus de son incapacité à se représenter en raison des nouvelles règles constitutionnelles.

« Les accords conclus par Khaltmaa Battulga avec le parti MPP sont au détriment de la démocratie mongole », estime Enkhtsetseg Dagva, de l’ONG Open Society Forum, cité par Reuters. Ukhnaa Khurelsukh, le nouveau président mongol, avait été forcé de démissionner de son poste de Premier ministre cette année après une vague de protestations à propos des règles strictes contre la pandémie. Malgré la large victoire de l’ancien Premier ministre MPP, il n’y a pas eu de célébrations massives dans la capitale mongole. En annonçant sa victoire, le président élu a reconnu « l’immense responsabilité » qui lui était confiée. Bien qu’il ait été forcé de renoncer à toute affiliation à son parti une fois au pouvoir, sa victoire renforcera sans aucun doute l’influence du MPP. Le système politique mongol donne au parlement le droit de nommer le gouvernement, mais le président a un droit de veto sur la législation.

(Avec Asianews)


CRÉDITS

Zahid Hussain Khan