Eglises d'Asie

La police philippine offre une protection aux membres du clergé menacés

Publié le 06/03/2019




Suite à plusieurs menaces visant des membres du clergé critiques de l’administration et de la politique du président philippin Rodrigo Duterte, dont Mgr Pablo Virgilio David, évêque de Kalookan, les autorités philippines ont annoncé avoir proposé une protection policière aux prêtres et aux évêques concernés. La semaine dernière, le président Philippin a également déclaré qu’il poursuivrait les auteurs des menaces. En 2018, deux prêtres philippins ont été tués, à Gattaran et à Cabanatuan, et un autre a été blessé par balles dans la province de Laguna.

Les autorités philippines ont annoncé une protection pour les prêtres et évêques catholiques, suite à des menaces de mort qui ont visé plusieurs évêques philippins ces dernières semaines. Le chef de la police nationale, Oscar Albayalde, a déclaré que la proposition avait été étudiée auprès du cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille. « Nous leur avons offert notre protection », a confié Oscar Albayalde, ajoutant qu’il a assuré à l’archevêque de Manille que la police aiderait tous les prêtres visés par toutes formes de menaces. Mgr Pablo Virgilio David, évêque de Kalookan, qui a critiqué la politique du président Rodrigo Duterte à plusieurs reprises, dans le cadre de la guerre contre les drogues illégales, a en effet affirmé récemment qu’il avait reçu des menaces. L’an dernier, deux prêtres catholiques ont été tués aux Philippines, et un autre a été blessé par balles alors qu’il s’apprêtait à célébrer l’Eucharistie. Le 29 avril 2018, le père Mark Ventura a été tué à Gattaran, une ville de la province de Cagayan, quatre mois seulement après le meurtre du père Marcelito Paez dans la province de Nueva Ecija. En juin 2018, le père Richmond Nilo a été tué par des hommes armés dans la ville de Cabanatuan, alors qu’il s’apprêtait à célébrer la messe. En juin également, le père Rey Urmeneta, de la paroisse Saint-Michel Archange dans la province de Laguna, a été blessé par balles.

Le père Jerome Secillano, de la commission des affaires publiques de la conférence des évêques philippins, explique en revanche que la décision d’accepter la protection de la police appartient aux évêques et aux prêtres concernés. « Nous acceptons volontiers d’assurer la protection de l’Église et des fidèles dans ces temps difficiles », assure-t-il. « La décision d’accepter la proposition ou non revient à ceux qui sont dans cette situation », ajoute le père Secillano, en précisant que tous les prêtres et les évêques ne sont pas menacés. Les critiques du gouvernement affirment que les menaces visant des membres du clergé ont été attisées par les tirades du président Duterte contre l’Église catholique et contre les évêques du pays. Le président a notamment appelé récemment à tuer les évêques, avant d’expliquer plus tard qu’il s’agissait d’une plaisanterie. La semaine dernière, le président philippin a déclaré, lors d’un discours à Cebu dans le centre du pays, qu’il poursuivrait tous ceux qui s’en prendraient aux prêtres et aux évêques. Il a lancé cet avertissement après avoir reçu un message du cardinal Tagle, affirmant que des proches de la famille du président Duterte avaient menacé des prêtres et des évêques critiques de son administration et de sa politique.

(Avec Ucanews, Manille)


CRÉDITS

Vincent Go