Eglises d'Asie

La réouverture du complexe industriel de Kaesong pourrait stimuler le dialogue intercoréen

Publié le 27/06/2019




Le think tank ICG (International Crisis Group) a publié un rapport sur la situation de la péninsule coréenne, affirmant que la réouverture du complexe industriel de Kaesong, situé en Corée du Nord à proximité de la frontière intercoréenne, pourrait permettre de relancer le dialogue en soutenant la coopération économique. Le site de Kaesong a été lancé en 2004 dans la lignée du sommet de 2000 entre l’ancien leader nord-coréen Kim Jong-il et l’ancien président sud-coréen, Kim Dae-jung. L’opération avait été abandonnée par la présidente sud-coréenne Park Geun-gye en 2016 suite à des essais balistiques et nucléaires lancés par Pyongyang.

La réouverture du complexe industriel intercoréen de Kaesong – situé dans le sud-ouest de la Corée du Nord, près de la frontière – pourrait soutenir la coopération économique intercoréenne et servir de moteur pour le dialogue intercoréen dans la péninsule, selon le dernier rapport de l’ONG International Crisis Group (ICG), un centre de recherche basé à Bruxelles. Le think tank a appelé les États-Unis à renoncer à l’approche « maximaliste » qui voudrait repousser la réouverture du complexe jusqu’à la dénucléarisation complète de la Corée du Nord, en affirmant que l’attitude de Washington était « contre-productive » pour les négociations. Ouvert en 2004, le complexe industriel de Kaesong a été construit suite au premier sommet intercoréen en 2000, entre le président sud-coréen de l’époque, Kim Dae-jung, et l’ancien leader nord-coréen Kim Jong-il. L’initiative avait été saluée comme un symbole de coopération économique, associant les ressources et la technologie sud-coréennes et la main-d’œuvre bon marché du Nord. En avril 2013, 123 entreprises sud-coréennes y employaient près de 53 000 ouvriers nord-coréens et 800 cadres sud-coréens. Près de 90 millions de dollars US par an étaient versés directement à la Corée du Nord. Les investissements sud-coréens, combinés aux salaires des ouvriers nord-coréens, ont apporté une réserve monétaire étrangère de plus de 500 millions de dollars par an au régime nord-coréen. Le rapport du groupe ICG estime que le complexe industriel a profité aux sociétés nord-coréennes et sud-coréennes, ce qui pourrait susciter le soutien du public pour sa réouverture. « La réouverture du complexe représenterait une nouvelle opportunité de renforcer la coopération économique entre le Nord et le Sud, et ainsi consolider les relations intercoréennes », souligne le rapport. En février 2016, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye a fait fermer le complexe en réaction à des tirs de missiles balistiques et au quatrième test nucléaire. L’administration sud-coréenne actuelle souhaite rouvrir le site dans l’espoir de stimuler les relations intercoréennes. En septembre dernier, le président Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un l’ont accepté. Mais Washington s’oppose à toute coopération économique intercoréenne, craignant que cela n’affaiblisse les sanctions contre Pyongyang. La position américaine est influencée par le gel actuel des négociations sur la dénucléarisation et l’assouplissement des restrictions économiques. La Corée du Nord et les États-Unis n’ont pas organisé d’autres pourparlers depuis l’échec du second sommet entre Trump et Kim, en février dernier.

(Avec Asianews)


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