Eglises d'Asie

L’aide humanitaire en Corée du nord retardée par les sanctions

Publié le 25/01/2019




Une cargaison de 200 000 doses de Tamiflu, un médicament contre la grippe, reste bloquée à cause des sanctions maintenues contre la Corée du Nord. L’envoi, prévu le 11 janvier, a été retardé pour des raisons incertaines. Depuis septembre, les travailleurs humanitaires américains n’ont pas le droit de traiter les patients nord-coréens. Le père Gerard Hammond, qui dénonce cette situation, espère malgré tout que le second sommet prévu entre la Corée du Nord et les États-Unis permettra d’améliorer les choses, alors que Séoul continue de jouer les médiateurs entre les deux parties.

L’aide humanitaire intercoréenne est retardée par l’application stricte des sanctions contre la Corée du Nord. C’est ainsi que l’envoi d’une cargaison de Tamiflu, un médicament contre la grippe, a été bloqué durant plusieurs semaines sous prétexte que le moyen de transport employé, un semi-remorque, pouvait être soumis aux sanctions. En décembre, la Corée du Sud avait annoncé l’envoi de 200 000 doses de Tamiflu en Corée du Nord, mais le transport, initialement prévu le 11 janvier, a été reporté pour des raisons incertaines. Le ministère sud-coréen de l’Unification, qui a expliqué qu’il lui fallait plus de temps pour préparer le transport de la cargaison, n’a pas expliqué les raisons du retard. Les médias locaux ont déclaré que Séoul et Washington étaient en train d’échanger sur les opérations, les véhicules étant censés revenir en Corée du Sud après avoir déchargé leur cargaison. « C’est vraiment triste et décevant », regrette le père Gerard Hammond, supérieur régional des missionnaires de Maryknoll en Corée. Le prêtre de 85 ans est membre de la Fondation Eugene Bell (EBF), une ONG chrétienne engagée depuis des années auprès de plus de 2 000 patients atteints de tuberculose en Corée du Nord.

« Les missionnaires de Maryknoll sont arrivés en Corée en 1923 et nous sommes très attachés à ce pays. Au cours des vingt dernières années, j’ai été en Corée du Nord plus de cinquante fois. Aujourd’hui, nous nous sentons vraiment impuissants, parce que ces gens sont tout proches sans que nous puissions les aider », explique le prêtre. « Puisque j’ai un passeport américain, j’ignore encore si je pourrai faire partie de la délégation de l’EBF, qui visitera le Nord entre fin avril et début mai. À cause des sanctions imposées en septembre, le département d’État américain n’a accordé aucun second passeport aux citoyens américains. Cela affecte gravement notre travail : nous pouvons envoyer des médicaments, mais nous ne pouvons pas nous occuper de nos patients. »

« Seul un petit groupe de personnes, non originaires des États-Unis, peut prendre soin des malades. Les personnes atteintes de tuberculose multi-résistante (MDR-TB) ont besoin d’un traitement de dix-huit mois et de trois visites médicales pour pouvoir guérir. Nous espérons que le second sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump permettra d’améliorer la situation. Séoul, qui continue de jouer les médiateurs entre les deux parties, a déjà montré beaucoup d’ouverture envers la Corée du Nord. La paix, la réconciliation et le dialogue sont essentiels pour pouvoir créer une atmosphère de confiance dans la péninsule coréenne. »

(Avec Asianews)


CRÉDITS

Devrig Velly / EU (ECHO)