Eglises d'Asie

L’archidiocèse de Delhi félicite le parti AAP pour sa large victoire aux élections locales contre le BJP

Publié le 14/02/2020




Les résultats des élections législatives locales du 8 février, à Delhi, ont été annoncés le 11 février, avec une nouvelle victoire retentissante pour le parti AAP (Aam Aadmi Party), dirigé par Arvind Kejriwal, le ministre en chef de l’État de Delhi, qui a remporté un troisième mandat à Delhi avec 62 sièges sur 70. De son côté, le BJP, le parti nationaliste hindou au pouvoir, n’a remporté que 8 sièges. Le parti du Congrès, quant à lui, n’a remporté aucun siège. Le père Savarimuthu Sankar, porte-parole de l’archidiocèse de Delhi, a salué la victoire de l’AAP en invitant à célébrer ce verdict comme « la voix de ceux qui veulent protéger l’égalité et la laïcité indienne contre les politiques haineuses ». « Dans une telle ville cosmopolite, les résultats législatifs sont considérés comme la voix de l’Inde, et les autres partis devraient le prendre en compte », a ajouté Mgr Theodore Mascarenhas ancien secrétaire général de la conférence épiscopale indienne.

Arvind Kejriwal, ministre en chef de Delhi (au centre), avec Mgr Pierre Machado, archevêque de Bangalore (à gauche) et Mgr Anil Couto, archevêque de Delhi (droite), le 24 août 2019 à New Delhi.

Les responsables et militants chrétiens de la capitale indienne ont invité leurs compatriotes à célébrer les résultats des élections législatives locales de Delhi, qui ont été annoncés le 11 février, comme une victoire éclatante pour la diversité et la laïcité indienne. Le parti AAP (Aam Aadmi Party), dirigé par Arvind Kejriwal, le ministre en chef de l’État de Delhi, a remporté un troisième mandat consécutif avec 62 sièges sur 70. « Nous devrions tous saluer et célébrer ce verdict, parce que c’est la voix de ceux qui veulent protéger l’égalité et la laïcité plutôt que soutenir les politiques haineuses », a déclaré le père Savarimuthu Sankar, porte-parole de l’archidiocèse de Delhi. Le parti nationaliste hindou au pouvoir, le BJP (Bharatiya Janata Party), principal rival de l’AAP, est arrivé deuxième avec seulement huit sièges. Le parti du Congrès, quant à lui, n’a remporté aucun siège. Le gouvernement BJP parle de « l’unité avec tous, du développement pour tous, et de la confiance de tous », a poursuivi le prêtre, mais il pratique en fait une politique de haine selon les castes, les croyances et la religion. « Ici, dans la capitale indienne, les gens savent que les dirigeants ne font que diviser pour mieux régner ; ils savent qui sont ceux qui ont tenu leurs promesses. » Le père Sankar a ajouté que les Indiens veulent des dirigeants qui agissent pour tous sans discrimination. De son côté, le chef de l’AAP, Arvind Kejriwal, a salué la victoire de son parti comme une victoire pour le pays, en affirmant qu’une nouvelle politique émerge avec les élections législatives de l’État de Delhi, ajoutant que les électeurs ont voté pour le parti qui a construit des écoles, des hôpitaux et qui a fourni une électricité à bas coût. « C’est une victoire pour les habitants de Delhi, qui me considèrent comme un des leurs. Que Dieu nous donne la force de les servir au mieux », a-t-il confié. Les élections du 8 février ont enregistré une participation électorale de 62,59 %. Lors des dernières élections de 2015, Delhi avait enregistré une participation de 67,5 %.

Défaite du BJP et du Congrès à Delhi

L’AAP a été créé il y a à peine neuf ans, mais il a acquis l’expérience nécessaire pour s’intégrer dans le melting-pot de la capitale indienne. Toutefois, les 62 sièges remportés restent légèrement inférieurs au record de 2015, quand l’AAP avait reporté 67 sièges en ne laissant que 3 sièges au BJP. Ce dernier s’est bien défendu en essayant de reconquérir l’assemblée de l’État de Delhi, qu’il a perdu il y a environ deux décennies. Pourtant, le parti pro hindou est à peine parvenu à améliorer sa situation, ne remportant que cinq sièges de plus qu’en 2015. La BJP, en votant l’amendement de la loi sur la citoyenneté visant les immigrés musulmans, n’a fait que renvoyer les électeurs musulmans vers le parti AAP, voire même vers le parti du Congrès. Malgré la tentative de ce dernier de s’opposer à l’amendement et de reconquérir l’assemblée de Delhi, ses résultats ont été désastreux. À l’image de son échec lors des élections de 2015, le parti du Congrès, qui a remporté trois mandats consécutifs à Delhi entre 1998 et 2013, a perdu tous ses sièges en n’arrivant qu’à la troisième place. Mais c’est peut-être la personnalité du chef de l’AAP, le ministre Arvind Kejrival, qui a permis au parti de remporter les élections. « Dans une ville cosmopolite comme Delhi, les résultats législatifs sont considérés comme la voix de l’Inde, et les autres partis politiques devraient prendre cela en compte », a déclaré Mgr Theodore Mascarenhas ancien secrétaire général de la conférence épiscopale indienne. « Ce verdict montre que la fière tradition de la laïcité indienne résiste encore dans notre pays, et que les politiques communautaristes ne font pas le poids. Je suis fier de féliciter Arvind pour son succès retentissant contre l’environnement malsain créé par le parti au pouvoir », a déclaré A. C. Michael, catholique et ancien membre de la Commission des minorités de Delhi. « Pourtant, j’ajouterai que durant le dernier mandat de l’AAP, les chrétiens n’ont pas été représentés, ni au sein du cabinet du ministre en chef, ni dans les comités de conseil. Espérons que cette fois-ci, le parti les prendra en compte. »

(Avec Ucanews, Delhi)


CRÉDITS

Bijay Kumar Minj