Eglises d'Asie

L’archidiocèse de Séoul signe un accord pour le développement du musée d’histoire de Seosomun

Publié le 18/09/2020




Le 9 septembre, l’archidiocèse de Séoul a signé un accord avec les autorités civiles concernant le développement du musée de Seosomun. Le musée d’histoire du sanctuaire Seosomun a été inauguré à Séoul en juin 2019, quelques années après la béatification par le pape François, en 2014, de 124 martyrs coréens. Le musée est spécialement consacré à l’histoire du catholicisme coréen durant la dynastie Joseon, une période tragique de l’histoire de l’Église en Corée – près de 10 000 catholiques coréens sont morts en martyrs durant les persécutions.

L’une des salles d’exposition du musée historique du sanctuaire Seosomun, à Séoul, consacré à l’histoire du catholicisme coréen sous la dynastie Joseon.

L’archidiocèse de Séoul a signé un accord avec l’administration civile sud-coréenne afin de convertir le musée d’histoire du sanctuaire Seosomun en établissement public. Le musée, inauguré en juin 2019 en l’honneur des Martyrs de Corée, est l’une des réalisations les plus récentes dans la capitale sud-coréenne. L’initiative du musée remonte en 2014, à la suite de la visite du pape François en Corée et de la béatification de 124 martyrs, avec l’idée de créer un lieu d’histoire et de recueillement. Le musée est particulièrement consacré à l’histoire du catholicisme en Corée sous la dynastie Joseon. L’accord signé avec les autorités locales de Jung-gu, à Séoul, est destiné à développer les activités du musée, qui accueille plusieurs centaines de visiteurs par jour. Le 9 septembre, après la signature de l’accord, le cardinal Andrew Yeom Soo-jeong, archevêque de Séoul, a confié que « le musée grandit en devenant un musée vivant ». À l’origine, le gouvernement avait contribué à la construction du musée, mais en confiant sa gestion à l’archidiocèse de Séoul.

Près de 10 000 catholiques coréens sont morts en martyr durant les persécutions, en raison d’un conflit idéologique avec l’État Joseon. Yi Seung-hun, le premier Coréen baptisé catholique, fait partie des martyrs du site de Seosomun, en 1801. Le site a été dédié aux premiers Martyrs de Corée, canonisés par le pape Jean-Paul II en 1984. Sur les 103 Martyrs déclarés saints par Jean-Paul II, 44 ont été martyrisés à Seosomun. De plus, 25 catholiques sur les 124 Martyrs béatifiés en 2014 par le pape François ont été décapités sur le site. Dans le musée de Seosomun, une tour mémorielle est spécialement dédiée aux Martyrs. Mgr Chung Soon-taek, archevêque auxiliaire de Séoul, responsable de la gestion du musée, et Seo-ho, chef du bureau gouvernemental de Jung-gu, ont participé à la signature de l’accord. Le musée présente également 136 objets historiques, notamment des gravures sur bois et des écrits anciens issus de la dynastie Joseon.

Le père Jong-Hyun Won, qui a contribué à la signature de l’accord, confie que ce changement permettra de favoriser l’échange de reliques et d’autres objets avec les musées voisins. Le musée commémore une histoire tragique de l’histoire de l’Église en Corée. Le site a servi de lieu officiel d’exécutions durant la période Joseon, et c’est là que beaucoup de martyrs ont trouvé la mort. Le musée consacre également une place spéciale à l’histoire moderne de la Corée, avec notamment la rébellion paysanne du Donghak contre le gouvernement coréen et le système féodal, en 1894. Durant la dynastie Joseon, le confucianisme était l’idéologie officielle d’État, et la monarchie au pouvoir se sentait menacée non seulement par la foi catholique, mais aussi par les Donghaks, qui soutenaient une idéologie égalitaire. Le musée historique de Seosomun est donc non seulement un lieu sacré pour les catholiques, mais aussi un lieu de mémoire consacré aux Donghaks et à l’histoire coréenne récente.

(Avec Ucanews, Séoul)


CRÉDITS

Ethan Doyle White / Wikimedia