Eglises d'Asie

Le cardinal Bo appelle tous les chrétiens à s’engager contre la traite des personnes

Publié le 20/05/2022




Le 18 mai, le cardinal Bo, archevêque de Rangoun et président de la FABC (Fédération des conférences épiscopales asiatiques), est intervenu à Rome auprès des membres du Santa Marta Group, une alliance internationale contre l’esclavage moderne et le trafic humain. À cette occasion, le cardinal birman, âgé de 73 ans, a dénoncé « l’holocauste moral que représente la marchandisation de la fragilité humaine », en évoquant de nouvelles situations d’urgence dans des zones de conflits comme en Birmanie et en Ukraine.

Une femme prie près d’un moine à Phnom Penh. Selon plusieurs ONG, les conséquences économiques de la pandémie ont exposé de nombreux Cambodgiens à la traite des personnes.

Le 18 mai à Rome, à l’Académie pontificale des sciences, le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun et président de la FABC (Fédération des conférences épiscopales asiatiques), a dénoncé la traite des personnes lors d’une rencontre du Santa Marta Group, une alliance internationale contre l’esclavage moderne et le trafic humain. Durant la rencontre de l’organisation, le cardinal birman a rappelé que le fléau de l’esclavage moderne sévissait toujours dans toutes les régions du monde, y compris dans des zones de guerre où plusieurs millions d’habitants sont poussés à fuir leur domicile. L’archevêque de Rangoun a évoqué des conflits comme en Ukraine ou en Birmanie, qui ont provoqué « une nouvelle situation d’urgence désespérée » sur ces questions.

« L’holocauste moral que représente la marchandisation de la fragilité humaine continue de faire rage, et cette situation est aggravée par la monétisation des larmes et des vulnérabilités humaines », a insisté le cardinal Bo dans son intervention. « Alors que plusieurs milliers de personnes font preuve d’actes poignants de générosité envers ceux qui sont affectés par la guerre, des trafiquants se présentent comme des bienfaiteurs », a-t-il poursuivi, en appelant tous les chrétiens à lutter contre cela. Il a également cité des paroles du pape François sur la traite des êtres humains, qui a dénoncé un « crime contre l’humanité », car ces actes nient la dignité humaine des victimes, vues seulement comme des marchandises.

« La gravité de la traite des personnes menace l’existence de communautés entières »

Le cardinal Bo a évoqué trois types d’exploitation courants : les trafics sexuels, la servitude pour dette et le travail forcé (également appelé servitude involontaire). « Cette tragédie est aggravée par des fléaux comme le mariage forcé ou la mendicité forcée », a-t-il souligné en parlant d’un « nouveau genre de cannibalisme », un terme certes controversé mais qui montre la gravité de la situation. « La gravité de la traite des personnes menace l’existence même de communautés entières dans de nombreux pays. Une nouvelle menace a également émergé dans un nouveau secteur surprenant : le secteur médical », a-t-il ajouté, en soulignant que les types d’exploitation les plus dénués de scrupules visent particulièrement les pays pauvres en Asie et en Afrique.

Le cardinal birman, âgé de 73 ans, a affirmé que l’Église a été parmi les plus virulents à dénoncer la traite des personnes. Il a notamment rappelé que le pape François a soutenu en particulier la prévention, la protection des victimes et la poursuite pénale des coupables. « L’Église et ses partenaires sont confrontés à une réalité troublante qui impacte plusieurs milliers de personnes parmi les plus vulnérables, et en particulier des femmes et des enfants », a-t-il déploré.

Il a également évoqué quatre domaines (politique, social, économique et juridique) qui nécessitent une attention spéciale et des campagnes de sensibilisation dans les Église locales, afin d’aider ceux qui vivent dans un contexte vulnérable. Pour le cardinal Bo, « la traite des personnes est comme un buisson ardent moderne ». « Le Seigneur de l’Histoire en appelle aux Moïses modernes, avec un cri : ‘J’ai vu la misère de mon peuple […], j’ai entendu ses cris’ ». « Mais le Seigneur nous l’assure : ‘Je suis avec toi.’ Oui, c’est le Dieu aimant, vivant et libérateur qui nous appelle. Nous sommes appelés à nous engager auprès des victimes. Je suis sûr que comme Moïse, nous aussi nous verrons la Terre promise de justice et de paix ».

(Avec Ucanews)


CRÉDITS

Luke Hunt / Ucanews