Eglises d'Asie

Le cardinal Oswald Gracias appelle à venir en aide aux travailleurs migrants bloqués par le confinement

Publié le 13/05/2020




Le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Mumbai et président de la conférence épiscopale indienne, a fait part de sa préoccupation en voyant la détresse de près de 120 millions de travailleurs migrants, bloqués par le confinement toujours maintenu dans le pays. Il a confié son « immense tristesse » devant le sort de millions de personnes tentant de rentrer chez elles à pied, parfois sur plusieurs centaines de kilomètres, faute de transports en commun. « Ce confinement les a plongés encore plus dans la détresse, la pauvreté et l’exclusion », regrette-t-il. « Au niveau local, le gouvernement et l’Église les aident, ainsi que les ONG et la population, mais j’ai l’impression que les autorités ne comprennent pas leur détresse. »

Le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Mumbai, a confié son émotion en observant le sort réservé aux quelque 120 millions de travailleurs migrants indiens, sans travail ni revenus depuis le confinement annoncé le 24 mars, parfois même sans abris. Le cardinal Gracias a confié son « immense tristesse » en voyant les siens rentrer chez eux à pied, quitte à en mourir, alors que les transports ont été fermés depuis le début du confinement. Ainsi, il y a quelques jours, un groupe de migrants a été tué lors du passage d’un train de fret alors qu’ils se reposaient sur les rails. Ils avaient parcouru plus de 40 km à pied et prévoyaient de marcher encore sur près de 800 km pour pouvoir rejoindre leurs villages, dans l’État du Madhya Pradesh. « J’ai été désolé en apprenant la tragédie, qui a causé la mort de 15 des nôtres, alors qu’ils étaient épuisés et qu’ils essayaient de rentrer chez eux », a confié Mgr Gracias, qui est également président de la conférence épiscopale indienne. Le cardinal a également évoqué « les souffrances sans fin de mon peuple, des travailleurs migrants qui se retrouvent piégés par le confinement ». Il a insisté en soulignant que « les travailleurs migrants sont sans travail, sans nourriture, sans ressources et sans sécurité, sans toit au-dessus de leur tête ; sans espérance, et sans savoir ce que l’avenir leur réserve ».

« Ce confinement les a plongés encore plus dans la détresse, la pauvreté et l’exclusion », regrette-t-il. « Au niveau local, le gouvernement et l’Église les aident, ainsi que les ONG et la population, mais j’ai l’impression que les autorités ne comprennent pas leur détresse. J’appelle la population à se préoccuper de leur sort. Avec une meilleure coordination et une meilleure organisation, on peut faire quelque chose », a-t-il poursuivi. Le gouvernement tente pourtant d’organiser des trains spéciaux pour permettre aux migrants de rentrer chez eux, mais il y en a trop peu comparé aux besoins. Les autorités ont également promis des aides alimentaires et financières pour les chômeurs des grandes villes, mais leur distribution est inégale et aléatoire. « Je prie pour que Dieu touche les cœurs de toutes les personnes concernées, pour qu’elles comprennent leur situation et qu’elles leur viennent en aide », a demandé le cardinal Gracias.

Dans l’archidiocèse de Mumbai, le Centre d’action sociale (CSA) coordonne l’aide auprès des migrants. Presque toutes les paroisses et congrégations sont impliquées auprès de plus de 75 000 familles locales concernées. De plus, des repas cuisinés sont distribués régulièrement à plus de 2 500 familles. Grâce au CSA et son réseau, l’archidiocèse a pu intervenir rapidement et efficacement. Ainsi, il y a quelques jours, le CSA a reçu une information à propos d’un groupe de migrants du Rajasthan, bloqués à Jogeshwari Est (Mumbai). Ils travaillaient dans l’extraction du marbre, mais ils avaient perdu leur travail et étaient affamés. Le CSA a donc contacté les pères verbites (de la Société du Verbe Divin) qui dirigent le centre de Gyan Ashram, près Jogeshwari Est. Grâce aux volontaires du centre, les pères ont pu donner des rations alimentaires aux migrants.

(Avec Asianews, Mumbai)


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