Eglises d'Asie

Le chômage pousse de plus en plus de jeunes diplômés à l’étranger

Publié le 16/05/2019




En 2018, la Corée du Sud a généré le plus faible nombre d’emplois depuis la crise financière mondiale de 2008, avec seulement 97 000 emplois créés. La Corée du Sud a le plus haut niveau d’éducation de l’OCDE, alors que les trois quarts des lycéens font des études supérieures, contre une moyenne de 44,5 % parmi les pays membres de l’organisation. Face au trop grand nombre de jeunes surdiplômés et sous-employés, le pays a lancé le programme « K-move » en 2013, afin de permettre aux étudiants sud-coréens d’accéder à des opportunités d’emploi à l’étranger. La première destination est le Japon, pour un tiers des candidats, alors que le pays manque de main-d’œuvre malgré son faible niveau de chômage.

De plus en plus d’étudiants sud-coréens passent par des programmes gouvernementaux afin de rechercher des postes à l’étranger, en raison d’un niveau de chômage sans précédent dans le pays. L’année dernière, les programmes nationaux tels que « K-move », lancés pour permettre aux jeunes Coréens d’accéder à de bons postes dans 70 pays, ont permis à 5 783 étudiants de trouver un emploi à l’étranger, soit le triple par rapport à 2013, la première année de lancement du programme. Face aux nombreuses demandes, le gouvernement a augmenté le budget du programme de 57,4 milliards de wons (48,9 millions de dollars) en 2015 à 76,8 milliards de wons en 2018. Presque un tiers des étudiants qui ont décroché un emploi grâce au programme se sont installés au Japon, qui manque de main-d’œuvre malgré un faible niveau de chômage depuis 26 ans. Un quart des étudiants sud-coréens sont allés aux Etats-Unis, où le niveau de chômage est tombé à son plus bas niveau en un demi-siècle en avril. Le programme sud-coréen a l’avantage de ne pas imposer d’obligation de retour au pays. En fait, « la fuite des cerveaux n’est pas la première préoccupation du gouvernement. Il est plus urgent de les empêcher de tomber dans la pauvreté », même si cela doit les pousser à partir à l’étranger, confie Kim Chul-ju, directeur adjoint de la Banque asiatique de développement (ADB).

En 2018, la Corée du Sud a généré le plus faible nombre d’emplois depuis la crise financière mondiale de 2008, avec seulement 97 000 emplois créés. Presque un jeune Coréen sur cinq était sans travail en 2013, un chiffre supérieur à la moyenne de 16 % parmi les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En mars, un Coréen sur quatre âgé de 15 à 29 ans était sans travail, que ce soit par choix ou par manque d’opportunités, selon les chiffres du gouvernement. Pourtant, alors que de plus en plus de jeunes diplômés partent travailler à l’étranger, la Corée du Sud continue de faire venir des étrangers pour combler un autre problème : le manque d’ouvriers. La Corée du Sud a le plus haut niveau d’éducation de l’OCDE, alors que les trois quarts des lycéens font des études supérieures, contre une moyenne de 44,5 % parmi les pays membres de l’organisation. Malgré le trop grand nombre d’étudiants surdiplômés et sous-employés, beaucoup de jeunes refusent d’accepter des emplois moins prestigieux. Pour cette raison, les sociétés sud-coréennes sont forcées de supporter des coûts élevés en recrutant des travailleurs migrants aux Philippines, en Indonésie ou au Vietnam.

(Avec Asianews)


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