Eglises d'Asie

Le gouvernement indonésien accorde 400 000 bourses supplémentaires aux étudiants modestes

Publié le 03/03/2020




Le père Vinsensius Mbula, président du Conseil national de l’enseignement catholique, s’est réjoui d’une décision du gouvernement indonésien, qui a annoncé 400 000 bourses d’études supplémentaires pour les familles démunies. L’Église catholique indonésienne a salué cette mesure, tout en invitant le gouvernement à mettre en place un contrôle strict pour éviter les abus « afin que les bourses aillent bien aux bonnes personnes ». Avec 35 % de jeunes qui poursuivent leurs études, l’Indonésie reste derrière la Malaisie (37 %), la Thaïlande (51 %) et Singapour (82 %).

Des élèves d’un lycée catholique de Jayapura, dans la province indonésienne de Papouasie.

Le gouvernement indonésien a annoncé vouloir accorder davantage de bourses d’études aux étudiants d’origine modeste, pour permettre à un plus grand nombre d’entre eux d’étudier à l’université. Une décision saluée les responsables catholiques en Indonésie, notamment par le père franciscain Vinsensius Darmin Mbula, président du Conseil national de l’enseignement catholique, qui s’est réjoui d’une « bonne nouvelle pour les familles démunies ». Le gouvernement indonésien estime que cette mesure contribuera à réduire la pauvreté en permettant aux étudiants concernés d’avoir de meilleures perspectives d’embauche. Cette année, dans le cadre du programme Indonesia Smart Card-College du ministère de l’Enseignement et de la Culture, 400 000 bourses supplémentaires seront accordées aux étudiants venant des familles défavorisées. « Ainsi, nous espérons que les élèves qui espèrent faire des études ne baisseront pas les bras uniquement par manque de moyens », a déclaré Paristiyanti Nurwardani, secrétaire générale du département de l’Enseignement supérieur du ministère indonésien. Les demandes de bourses pourront être déposées sur le site internet du ministère entre le 2 et le 31 mars. Les bénéficiaires recevront 6 600 000 roupies (416,20 euros) par semestre pour couvrir leurs frais de scolarité et les dépenses, a ajouté Paristiyanti Nurwardani. Celle-ci explique que ce programme est destiné à permettre « aux enfants des familles défavorisées de pouvoir briser la chaîne de pauvreté qui les empêche d’avancer », et à conduire davantage de personnes à combler les manques de personnels qualifiés du marché du travail, en constante évolution.

La proportion des jeunes indonésiens qui entrent à l’université est d’environ 35 %, soit relativement basse, et reste derrière les pays voisins comme la Malaisie (37 %), la Thaïlande (51 %), Singapour (82 %) et la Corée du Sud (92 %). « Nous voulons profiter de cette opportunité, et nous avons demandé aux conseils diocésains de l’Enseignement catholique de transmettre cette information à travers le pays », explique le père Vinsensius Mbula, qui voudrait également s’assurer que les bourses en question soient bien accordées à des familles pauvres. « Il faut que le gouvernement mette en place un contrôle strict afin que les bourses aillent bien aux bonnes personnes, pour éviter que ce programme soit détourné », insiste le prêtre. « Beaucoup de programmes semblables ont déjà été lancés dans le passé et n’ont pas profité aux pauvres, mais plutôt à des proches de membres du gouvernement. » Damianus Barut, un fermier catholique de Mano, dans l’île de Flores, explique que son fils a terminé le lycée l’année dernière, mais qu’il n’a pas pu couvrir les frais de scolarité pour que son fils puisse poursuivre ses études. Il affirme qu’une telle bourse pourrait sauver son fils et lui éviter de devoir chercher des petits emplois mal payés. « J’ai déjà inscrit son nom pour une demande de bourse. J’espère qu’il sera accepté. »

(Avec Ucanews, Jakarta)


CRÉDITS

Ryan Dagur