Eglises d'Asie

Le gouvernement indonésien s’attaque à l’extrémisme au sein des campus

Publié le 15/11/2018




Les universités indonésiennes deviennent de plus en plus des foyers de radicalisme, comme l’indique une étude qui montre que 23,5 % des étudiants sont pour la fondation d’un État islamique indonésien appliquant la Charia. Face à cette situation, le vice-président indonésien Muhammad Jusuf Kalla a appelé les universités à redoubler d’efforts contre cette tendance, affirmant que l’islam pratiqué dans le pays reste un islam modéré.

Le vice président indonésien Muhammad Jusuf Kalla a appelé les universités à redoubler d’efforts afin de s’attaquer au radicalisme dans les campus. Il s’agirait notamment, a-t-il souligné, de sévir contre les prêches extrémistes dans les mosquées situées sur les campus. « Bien sûr, l’islam indonésien est une forme modérée de l’islam », a-t-il rappelé lors d’une rencontre organisée récemment par l’Association des mosquées universitaires indonésiennes (Association of Indonesian Campus Mosques), ajoutant que celles-ci doivent accompagner les étudiants dans leurs études, et non semer le radicalisme dans les campus. Selon Muhammad Kalla, qui est également président du Conseil des mosquées indonésiennes, le fanatisme religieux n’est pas un problème, mais il le devient quand il aboutit à des actions extrémistes. Il a suggéré aux universités de créer un programme pour les mosquées des campus contenant un enseignement modéré de l’islam. Son appel survient alors que les inquiétudes grandissent dans le pays face à la montée du radicalisme au sein des universités, au moyen des mosquées. L’Agence nationale de lutte contre le terrorisme a déclaré, en mai, que sept universités publiques étaient concernées par le problème, y compris l’Université d’Indonésie (University of Indonesia), la plus grande du pays.

Une étude réalisée l’année dernière par l’Institut Setara pour la démocratie et la paix avait révélé des résultats similaires. L’Institut a constaté que des groupes extrémistes contrôlaient plusieurs mosquées universitaires ainsi que plusieurs zones résidentielles dans les villes de Depok et de Bogor (Java). À l’Université d’Indonésie, selon l’Institut Setara, un groupe organise régulièrement des récitations qui comprennent des appels à la guerre et le rejet des ennemis de l’islam comme les communistes, les libéraux ou d’autres groupes considérés comme hérétiques. Une autre enquête a été lancée par la Fondation Air et par le Centre de recherche Alvara, qui montre que 23,5 % des étudiants des universités indonésiennes sont pour la fondation d’un État islamique en Indonésie, appliquant la Charia. Le ministre de la recherche, des technologies et de l’enseignement supérieur, Mohamad Nasir, confie que son ministère cherche à persuader les directeurs et les enseignants des universités de s’assurer que les mosquées se contentent de soutenir la formation universitaire et spirituelle des étudiants. « Nous ne voulons pas leur imposer des règles strictes, mais nous avons souligné que c’est leur devoir de s’assurer que les campus soient libérés du radicalisme. »

(Avec Ucanews, Jakarta)


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