Eglises d'Asie

Le gouvernement philippin suspend les visites au cimetière à l’occasion de la Toussaint et du jour des défunts

Publié le 16/09/2020




Le 13 septembre, le gouvernement philippin a annoncé que les cimetières du pays seront fermés du 31 octobre au 3 novembre, à l’occasion des visites annuelles aux défunts, qui rassemblent chaque année plusieurs millions de Philippins pour la Toussaint et la commémoration des fidèles défunts, les 1er et 2 novembre. « Depuis la Deuxième Guerre mondiale, c’est la première fois, je crois, que nous fermons les cimetières au public à l’occasion de la Toussaint et du jour des défunts. Nous espérons que les gens comprendront cette décision, mais le virus est toujours là », a confié Francisco Domagoso, le maire de Manille.

En 2016, des Philippins peignent les tombes des défunts afin de préparer les festivités annuelles de la Toussaint et du jour des défunts, les 1er et 2 novembre.

Les catholiques de Manille et des autres régions de l’archipel philippin devront célébrer la commémoration des fidèles défunts, le 2 novembre prochain, à domicile. Le 13 septembre, le gouvernement a annoncé que les cimetières du pays seront fermés du 31 octobre au 3 novembre, afin d’éviter les risques de propagation du virus. Plusieurs millions de Philippins viennent chaque année visiter les tombes de leurs proches durant les fêtes de la Toussaint et du jour des défunts. Selon les chiffres du gouvernement, en 2019, plus d’1,7 million d’habitants de la capitale philippine ont visité les cimetières de la région afin de venir prier devant les tombes de leurs proches. La visite annuelle commence habituellement une semaine avant le 2 novembre, avec les rénovations et les décorations des tombes par les proches des défunts. Selon la tradition locale, les familles viennent aussi prier des neuvaines et apporter de la nourriture au cimetière, afin de rendre hommage aux défunts. « Nous fermerons tous les cimetières, les mémoriaux et les columbariums du 31 octobre au 3 novembre, afin d’éviter un afflux constant de visiteurs et prévenir tout risque de contagion », a déclaré le maire de Manille, Francisco Domagoso. « Depuis la Deuxième Guerre mondiale, c’est la première fois, je crois, que nous fermons les cimetières au public à l’occasion de la Toussaint et du jour des défunts. Nous espérons que les gens comprendront cette décision, parce que le virus est toujours là. »

Francisco Domagoso a également encouragé les catholiques de Manille à se souvenir de leurs proches défunts et à prier pour eux depuis chez eux, en évitant de s’exposer aux risques de contagion. « Il est toujours possible d’honorer nos morts différemment. Oui, nous avons nos traditions, mais nous devons aussi faire tout ce que nous pouvons pour ralentir le rythme des infections. C’est un sacrifice que nous devons tous accepter en tant que citoyens de ce pays. » Mgr Ruperto Santos, évêque de Balanga, a déclaré de son côté que son diocèse, dans la province de Bataan, avait recommandé de suspendre toutes les célébrations publiques prévues pour le jour des défunts, y compris les visites au cimetière. « Nous mettons avant tout l’accent sur la sécurité publique face à la pandémie. Avant même que le gouvernement annonce cette suspension, nous avions déjà informé le gouvernement de la province que le diocèse de Balanga décourageait tout rassemblement public dans les cimetières. » Mgr Santos a également rappelé aux fidèles que le meilleur moyen d’honorer les défunts est de vivre et transmettre les valeurs qu’ils vivaient et défendaient de leur vivant. « Nous souvenir de nos proches défunts, c’est aussi revivre leurs bonnes actions et les bonnes œuvres. La meilleure façon de les honorer, c’est de nous souvenir d’eux en tant que modèles de vertu et d’apprendre de leurs imperfections, afin de vivre une meilleure vie chrétienne. » Les paroissiens philippins semblent avoir accepté cette interdiction de visites au cimetière. « Nous respecterons cette demande du gouvernement et de nos évêques. Même si cela semble étrange de nous abstenir d’aller visiter les tombes de nos proches, nous devons nous adapter à la situation », confie Carl Romeo Castrence, un paroissien de la ville de Quezon, qui estime que cette décision a été prise pour le bien commun.

(Avec Ucanews, Manille)


CRÉDITS

Basilio Sepe