Eglises d'Asie

Le marathon électoral indien débute : premiers incidents et appel de l’Église

Publié le 12/04/2019




Le 11 avril à 7 heures du matin (heure locale), débutaient les élections générales indiennes, qui vont durer 39 jours, jusqu’au 19 mai. Les chiffres, particulièrement parlants, rappellent qu’il s’agit d’une des élections les plus vastes de l’histoire. Près de 900 millions d’électeurs vont se rendre dans les bureaux de vote à travers le pays. Plusieurs milliers de sièges parlementaires régionaux sont en jeu, et près de 10 000 candidats représentant plus de 500 partis politiques visent les 543 sièges de la Lok Sabha, la chambre basse du parlement indien. Le parti rassemblant plus de 272 sièges au parlement remportera les élections. L’Église a appelé à soutenir les candidats qui défendent les institutions démocratiques et la laïcité de l’État, et qui travaillent au service des Dalits et des populations indigènes.

La première phase du long marathon des élections indiennes, qui vont durer 39 jours jusqu’au 19 mai, a commencé le 11 avril à 7 heures du matin (heure locale). Les chiffres sont impressionnants : avec près de 900 millions d’électeurs, plusieurs milliers de sièges parlementaires à travers le pays, et 10 000 candidats représentant plus de 500 partis politiques visant les 543 sièges de la Lok Sabha, la chambre basse du parlement indien, il s’agit des plus grandes élections politiques de l’histoire. De manière générale, les bureaux de vote devaient rester ouverts jusqu’à 18 heures ce jeudi 11 avril, sauf exceptions locales. Les résultats finaux seront annoncés le 23 mai prochain. Le vainqueur sera le parti ou la coalition politique qui parviendra à remporter au moins 272 sièges au parlement. Hier, les élections se sont ouvertes dans plusieurs États indiens à travers le pays : Andhra Pradesh, Arunachal Pradesh, Assam, Bihar, Chhattisgarh, Jammu et Cachemire, Maharashtra, Manipur, Meghalaya, Mizoram, Nagaland, Odisha, Sikkim, Telangana, Tripura, Uttar Pradesh, Uttarakhand, Bengale occidental, les îles d’Andaman et Nicobar, et l’archipel de Lakshadweep. L’organisation des élections est tellement complexe et certaines circonscriptions sont tellement peuplées que certains États ont prévu d’étendre les élections sur plusieurs jours, comme dans l’Uttar Pradesh qui compte 204 millions d’habitants à lui seul.

« Nous soutenons les candidats qui soutiennent la démocratie et la laïcité »

En attendant, plusieurs problèmes émergent déjà dans les bureaux de vote, avec de longues files d’attente et quelques dysfonctionnements dans les systèmes de vote électronique. Dans l’État d’Assam, les élections se sont ouvertes une heure plus tôt afin de mieux faire face au flux des nombreux électeurs. Dans cet État, l’Église catholique s’est démenée pour appeler les électeurs à se rendre dans les bureaux de vote. Le diocèse de Miao a ainsi célébré la messe chrismale en priant spécialement pour l’ouverture des élections. Le 11 avril, Mgr George Pallipparambil était parmi les premiers à déposer son bulletin, selon son compte Twitter. Certains faits locaux confirment le lourd climat social et les discriminations de castes qui ont accompagné la campagne électorale. Les médias locaux signalent par exemple qu’à Kairana, dans le district de Muzaffarnagar dans l’Uttar Pradesh, un homme dalit (« intouchable ») a été expulsé d’un bureau de vote par un fonctionnaire de la commission électorale. « Je me sens humilié », confiait-il aux journalistes. Le 11 avril, justement afin d’éviter d’autres épisodes similaires, la Fédération Telugu des Églises (qui rassemble les Églises catholiques et protestantes des États de l’Andhra Pradesh et du Telangana) a envoyé un message aux chrétiens à l’occasion de l’ouverture des élections. La lettre pastorale était signée par Mgr Raja Rao Thelegathoti et par Mgr Vadapalli Prasada Rao, secrétaires généraux de l’organisation, et par le père Anthoniraj Thumma, du comité exécutif de la fédération. « Nous devons nous assurer que les candidats choisis soutiennent les institutions démocratiques et la laïcité de l’État », demandent-ils. « Nous votons pour ceux qui travaillent au services des populations indigènes et des Dalits. » Parmi les nombreux pronostics, beaucoup indiquent la progression de Rahul Gandhi, président du parti du Congrès (le parti de centre-gauche, principal opposant du Bharatiya Janata Party – BJP – au pouvoir), qui a annoncé un projet ambitieux : un revenu minimum pour tous les citoyens du pays. De son côté, le premier ministre Narendra Modi, du BJP, promet une sécurité sociale pour les fermiers démunis et une meilleure représentation des femmes.

(Avec Ucanews, New Delhi)


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