Eglises d'Asie

Le ministre de l’Intérieur appelle à un débat national sur les conversions de masse

Publié le 18/01/2019




Rajnath Singh, ministre indien de l’Intérieur, a pris part, le 15 janvier, à une rencontre organisée à New Delhi par le groupe chrétien Rashtriya Isai Mahasangh. À cette occasion, le ministre s’est adressé à la communauté chrétienne en appelant à un débat sur les conversions de masse en Inde. Pour Sajan George, du Conseil global des chrétiens indiens (GCIC), les conversions de masse sont menées par les groupes radicaux au nom de l’idéologie nationaliste hindoue.

Le ministre indien de l’Intérieur, Rajnath Singh, inquiet du constat des conversions de masse dans le pays, a appelé à un débat national sur la problématique. Lors d’une rencontre organisée le 15 janvier à New Delhi par un groupe chrétien, Rashtriya Isai Mahasangh, il a prévenu que les conversions de masse devaient être contrôlées. Le ministre a ainsi déclaré qu’il soutient le droit à la liberté religieuse, mais qu’il pense qu’un débat est nécessaire depuis que les conversions de masse deviennent un problème sérieux dans le pays. « Je voudrais dire une chose à la communauté chrétienne. Nous ne voulons porter d’accusations contre personne. Si quelqu’un veut rejoindre une religion, qu’il le fasse. Il ne devrait y avoir aucune objection. Mais s’il commence à y avoir des conversions de masse, un grand nombre de personnes qui commencent à changer de religion, cela devient problématique pour le pays. Si vous êtes hindous, soyez hindous ; si vous êtes musulmans, soyez musulmans ; si vous êtes chrétiens, soyez chrétien. Mais pourquoi vouloir convertir le monde entier ? » Le ministre a affirmé que personne ne serait discriminé. « Je n’ai jamais visé personne selon sa caste, ses convictions ou sa religion. Que nous obtenions des votes ou non, que nous gagnions ou non, nous ne discriminerons personne. C’est le sentiment de notre premier ministre. » Rajnath Singh a également remarqué que personne ne pouvait diriger et régner sans amour. « On ne peut diriger qu’avec amour. Il n’y a pas d’autres moyens », a-t-il défendu. Selon lui, dans presque tous les pays, y compris au Royaume Uni et aux États-Unis, les minorités demandent des lois anti-conversion. « Ici, en Inde, je vois la majorité demander une loi contre les conversions. Et c’est un problème, cela ne devrait pas arriver ». « Nous ne voulons pas diriger le pays par la peur. Nous voulons gouverner en créant la confiance entre les gens. Personne ne doit se sentir mis à l’écart », a-t-il poursuivi.

200 personnes « reconverties » à Surate

Rajnath Singh a ajouté que des groupes ont tenté de diffamer le gouvernement NDA (l’Alliance démocratique nationale, composée principalement du parti du BJP – Bharatiya Janata Party). « Récemment, des pierres ont été lancées contre des églises. Des prêtres sont venus demander leur protection. Je leur ai assuré que ceux qui sont derrière ces attaques seraient punis. Mais ces actes ont commencé un mois avant les élections régionales et ils ont cessé un mois après. Qu’est-ce que cela veut dire ? » Pour Sajan K. George, président du Conseil global des chrétiens indiens (GCIC), « les conversions de masse sont menées par les groupes extrémistes qui pratiquent le ‘Ghar Wapsi’ [‘Retour à la maison’ ou campagne de reconversion] en affirmant qu’ils ramènent les brebis au bercail », confie Sajan. Durant la dernière semaine de décembre, au moins 200 familles chrétiennes indigènes ont été « reconverties » à l’hindouisme à Surate, dans l’État de Gujarat dans l’ouest du pays. Le GICG a enregistré des cas de reconversion de chrétiens à l’hindouisme dans les régions indigènes dans les États de Bihar, Madhya Pradesh, Odisha et Uttar Pradesh. Des lois anti-conversion ont été adoptées dans les États d’Odisha, Madhya Pradesh, Gujarat, Himachal Pradesh et Chhattisgarh, qui comptent tous un grand nombre de communautés indigènes et de Dalits, donnant le droit aux autorités de « décider et même contrôler » la foi et la religion des gens. Les différentes lois anti-conversion obligent les nouveaux convertis à informer les autorités de districts de leur décision.

(Avec AsiaNews, New Delhi)