Eglises d'Asie

Le Parlement approuve un quota pour les « castes supérieures pauvres »

Publié le 11/01/2019




Un projet de loi, adopté par la Chambre basse (Lok Sabha) du Parlement indien le 9 janvier, était présenté à la Chambre haute (Rajva Sabha) le 10 janvier, afin de réserver un quota de 10 % d’emplois publics aux sections « économiquement plus faibles » des castes supérieures. Pour le père Devasagayaraj, du bureau des Dalits et des castes défavorisées pour la Conférence épiscopale indienne, les chrétiens dalits sont toujours marginalisés dans le pays.


La Chambre basse du Parlement indien (Lok Sabha) a approuvé un projet de loi qui prévoit de réserver un quota de 10 % d’emplois publics et de places dans les universités publiques aux membres des castes supérieures à bas revenus. Le père Devasagayaraj, secrétaire du Bureau pour les Dalits (intouchables) et pour les castes défavorisées au sein de la conférence épiscopale indienne (CBCI), dénonce le projet de loi : « C’est une honte, parce qu’il ne s’applique qu’aux pauvres qui sont membres des castes soi-disant supérieures, tandis que les chrétiens dalits continuent d’être marginalisés. Nous ne sommes pas contre des aides au développement des plus démunis, mais nous demandons depuis 59 ans de prendre en compte notre requête d’être inclus dans les catégories réservées. » La loi a été votée le soir du 9 janvier, le dernier jour de la session d’hiver du Parlement. Au total, le projet de loi a obtenu 323 votes pour et seulement trois contre. La loi était présentée hier 10 janvier à la Chambre haute (Rajya Sabha). Le Premier ministre Narendra Modi a commenté le projet de loi soumis au Parlement en affirmant que c’était « un moment historique pour notre nation ». Le père Devasagayaraj explique que « la politique des quotas est destinée à améliorer les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté. C’est l’esprit de la Constitution indienne, qui accorde des places réservées à ceux qui sont défavorisés sur le plan social et éducatif. Malheureusement, la demande des chrétiens dalits reste sans réponse depuis 59 ans ». Les chrétiens dalits indiens, ajoute le prêtre, « sont encore très nombreux à être considérés comme ‘intouchables’. Tout ce que nous demandons est de pouvoir recevoir les mêmes avantages accordés aux autres Dalits et la protection sociale du gouvernement. Nous sommes non seulement une communauté pauvre, mais nous sommes aussi exclus de la société ».

1,6 % de Dalits

En Inde, les chrétiens représentent 2,3 % de la population, soit 27,8 millions de chrétiens sur une population d’1,3 milliards d’habitants. « La population indienne, poursuit le père Devasagayaraj, compte presque 1,6 % de Dalits, soit 18 millions de personnes » La discrimination des anciens « intouchables » est claire : « Les enfants sont mis à l’écart à cause de leur religion et ils ne sont pas scolarisés, ce qui ne leur permet pas d’accéder à une éducation supérieure. Cela entraîne aussi l’impossibilité de changer les choses dans le pays. » Par exemple, « certaines écoles sont réservées aux Dalits et aux autres communautés, qui peuvent ensuite évoluer dans l’administration publique, jusqu’au Parlement. Au contraire, aucun Dalit chrétien n’a jamais été élu au Parlement. Cela veut dire que nous sommes privés de pouvoir politique. » A. C. Michael, un militant chrétien basé à New Delhi, directeur du développement pour ADF India, ajoute : « C’est un stratagème politique. Le gouvernement savait que les partis d’opposition de feraient pas obstruction au Parlement. Les quotas devraient être réservés aux plus faibles. »

(Avec Asianews)


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Ucanews