Eglises d'Asie

Le plus grand séminaire indonésien célèbre ses cinquante ans

Publié le 14/09/2019




L’école de philosophie de Ledalero, sur l’île de Flores dans l’est de l’Indonésie, a célébré son cinquantième anniversaire ce 8 septembre. Une occasion, pour de nombreux anciens diplômés présents, de saluer l’institut pour les avoir formés et accompagnés, dont Mgr Vincentius Sensi Potokota, archevêque d’Ende. L’évêque confie que l’école de philosophie de Ledalero a posé des fondations solides pour son propre ministère et pour le parcours de milliers d’autres personnes – évêques, prêtres et laïcs – qui y ont étudié. Mgr Vincentius explique que l’école a « grandement contribué aux Églises locales et à tout le pays » et qu’elle a « formé des milliers de prêtres, qui annoncent aujourd’hui la Bonne Nouvelle en Indonésie et à l’étranger ».

Mgr Vincentius Sensi Potokota, archevêque d’Ende, sur l’île de Flores dans la province des Petites îles de la Sonde orientales (Nusa Tenggara), a célébré les 50 ans de l’école de philosophie de Ledalero, le 8 septembre en présence de nombreux anciens diplômés. Il confie que beaucoup d’entre eux sont devenus de « bons leaders laïcs », et il appelle l’école à continuer d’encourager les laïcs qui y étudient pour que les futurs diplômés deviennent à leur tour « de bons partenaires aux côtés des prêtres pour le service de l’Église ». L’école de Ledalerao est dirigée par les Missionnaires du Verbe Divin. Le père Paul Budi Kleden, 53 ans, ancien diplômé et aujourd’hui supérieur général de la congrégation, confie à son tour sa gratitude envers l’école pour sa contribution à l’Église et au pays. « Je souhaite que l’école continue son engagement contre l’injustice, et pour le bien de la population », confie le père Kleden, qui a été enseignant à Ledalero.

Honoratus Jonsi, un séminariste du Verbe Divin qui est passé par l’institut, assure qu’il y a reçu des bases excellentes, ce qui lui a permis de mieux se préparer à la suite de son parcours. « On m’a appris à être avisé et à m’adapter à toutes les situations, où que j’aille », explique Honoratus Jonsi, aujourd’hui en paroisse à Jakarta et engagé au sein de l’ONG Vivat International, dirigée par les missionnaires du Verbe Divin. Il espère que l’école de philosophie parviendra à s’adapter à une société en pleine évolution, en continuant à fournir d’aussi bonnes bases aux futurs étudiants. De son côté, Paul Maku Goru confie qu’il ne serait pas journaliste et écrivain aujourd’hui s’il n’était passé par cette école. « Étudier la philosophie et la théologie m’a aidé à élargir ma façon de voir le monde », explique-t-il. « Cette formation a façonné mon esprit, cela m’a appris à affiner une pensée critique et à réfléchir plus en profondeur », ajoute Paul Goru, qui est également actif pour le dialogue interreligieux.

19 évêques, 1822 prêtres et 3 978 laïcs parmi les anciens diplômés

Le recteur, le père Otto Gusti Madung, explique que si cette année marque le cinquantième anniversaire de l’école, ses origines remontent avant l’indépendance de l’Indonésie. La philosophie et la théologie sont enseignées sur le campus depuis 1932, et l’établissement est reconnu par le Vatican depuis 1937. Quatre ans plus tard, deux des premiers diplômés ont été ordonnés prêtre. Le cinquantième anniversaire est basé sur la reconnaissance officielle de l’école par le gouvernement indonésien, le 8 septembre 1969. Plus de 5 800 étudiants y ont été diplômés, dont 19 évêques, 1822 prêtres et 3 978 laïcs. Plus de 500 prêtres qui sont passés par l’établissement ont été envoyés à l’étranger comme missionnaires. « Ils ont non seulement annoncé la foi à travers le monde, mais ils ont aussi parlé de la tolérance religieuse et du pluralisme vécus en Indonésie », confie le père Gusti, qui explique que les choses ont évolué en 1981 quand le gouvernement a autorisé l’école à délivrer un diplôme de philosophie. En 2003, l’école a également commencé à délivrer un master en théologie. Cette année, les programmes du nouveau master sont ouverts aux laïcs dans les domaines de la philosophie et de l’éducation religieuse. L’an prochain, un nouveau programme sera également lancé en anglais. Le père Gusti explique qu’avant, ses étudiants étaient surtout des membres du Verbe Divin ou des séminaristes diocésains de la région du Nusa Tenggara. Aujourd’hui, l’école accueille des séminaristes de 16 congrégations religieuses (notamment des carmes, trappistes, scalabriniens et camilliens) et compte 1 109 étudiants, dont 148 élèves inscrits en master.

Le père Gusti raconte qu’en raison de la contribution de l’école à l’Église locale, le pape saint Jean-Paul II l’a visitée quand il est venu en Indonésie en 1989. Le gouvernement indonésien a également reconnu toute la contribution de l’établissement au service de la société indonésienne. Le président Abdurrahman Wahid est venu en 2004 et depuis, les membres du ministère de l’Éducation rendent visite régulièrement à l’école de Ledalero. Le père Gusti souligne l’importance de cette reconnaissance de la part du gouvernement, en particulier pour les laïcs, « pour qu’ils puissent décrocher facilement un emploi dans une société de plus en plus compétitive ». Le gouverneur de la province, Victor Laiskodat, confie sa fierté devant la renommée et l’héritage de l’établissement. Il ajoute que dans une société où les valeurs morales se détériorent, des écoles comme Ledalero deviennent particulièrement importantes. « J’espère que ce sera toujours une institution qui transmette non seulement du savoir mais aussi du caractère aux étudiants », ajoute-t-il.

(Avec Ucanews, Jakarta)


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