Eglises d'Asie

Le Premier ministre Shinzo Abe annonce sa démission pour raisons de santé après huit ans au pouvoir

Publié le 29/08/2020




Le 28 août à Tokyo, lors d’une conférence de presse, Shinzo Abe a annoncé sa décision de démissionner de son poste de Premier ministre pour raisons de santé. Il était au pouvoir depuis le 26 décembre 2012 – soit le plus long mandat comme Premier ministre japonais, dépassant son grand-oncle Eisaku Sato. Il a dû affronter une trop faible inflation, une croissance lente et des déficits budgétaires. Malgré ses réformes économiques, surnommées « Abenomie », le pays est entré en récession l’an dernier. Le Premier ministre a également dû faire face à la crise de l’emploi et à la crise démographique. Les catholiques japonais se sont opposés à lui à plusieurs reprises, notamment concernant la relance du plan d’énergie nucléaire ou la remise en cause du pacifisme japonais.

Le Premier ministre Shinzo Abe, qui a effectué le plus long mandat comme premier ministre japonais en exercice, a démissionné pour raisons de santé. Shinzo Abe a déclaré que sa santé diminuait, et qu’il ne voulait pas que cela affecte des décisions politiques importantes. « J’ai décidé de démissionner du poste de premier ministre », a confié l’homme politique japonais de 65 ans, le 28 août durant une conférence de presse à Tokyo. Il n’était pas apparu en public depuis juin. Depuis son arrivée au pouvoir, le 26 décembre 2012, il a mis en œuvre une politique fiscale plus flexible afin de soutenir l’économie – une politique surnommée « Abenomie ». Sur le plan économique, Shinzo Abe a dû affronter une croissance lente, une inflation proche de zéro et d’importants déficits budgétaires. Depuis son arrivée au pouvoir, l’ensemble de ses réformes a connu un certain succès économique, même si le pays est entré en récession en 2019. Il s’est occupé du problème d’inflation, sans atteindre son objectif de 2 %, sans compter les problèmes de l’emploi et de la crise démographique japonaise, liée au vieillissement de la population. Shinzo Abe est en mauvaise santé depuis quelques années – il avait déjà dû démissionner en 2007 pour être traité à l’hôpital universitaire Keio de Tokyo. Le 24 août, après son 2 799e jour consécutif comme premier ministre de la troisième puissance économique mondiale, il a dépassé le record de son grand-oncle, Eisaku Sato. Il a su maintenir des relations cordiales avec la Chine, premier partenaire commercial du pays – c’est l’une des raisons pour lesquelles sa démission a suscité des inquiétudes parmi les médias internationaux.

Abe et l’Église

L’Église catholique japonaise, dont les fidèles représentent moins de 0,5 % de la population, s’est opposée à Shinzo Abe à de nombreuses reprises. Les catholiques japonais ont notamment critiqué son projet de relancer le programme d’énergie nucléaire du pays, malgré les conséquences de la catastrophe de Fukushima de 2011, considérée comme l’une des plus importantes catastrophes nucléaires depuis celle de Tchernobyl en 1986. Son projet de revenir sur la Constitution japonaise pacifiste d’après-guerre a également attiré les foudres de l’Église locale. Cette Constitution, adoptée en 1947, déclare que le peuple japonais « renonce pour toujours à la guerre en tant que droit souverain de la nation, à la menace de la force comme moyen de régler ses différends avec les autres pays ». Dans une décision historique, en 2014, Shinzo Abe a pourtant autorisé les troupes japonaises à combattre à l’étranger pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2015, quand il a contourné la législation en vigueur en autorisant les Forces japonaises d’autodéfense à intervenir à l’étranger, les évêques japonais avaient adressé une déclaration publique au Premier ministre. Les débats sur son successeur sont déjà en cours. Le ministre des Finances actuel, Taro Aso, âgé de 79 ans, a par exemple été un membre éminent de son cabinet et a servi comme son Vice-Premier ministre. Parmi d’autres candidats, on pourrait trouver Shigeru Ishiba, ancien ministre de la Défense et de l’Agriculture, ou encore Fumio Kishida, ancien ministre des Affaires étrangères.

(Avec Ucanews, Tokyo)


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