Eglises d'Asie

Le puits d’une mission catholique salésienne fournit plus de 300 familles mongoles en eau potable

Publié le 15/01/2021




La Mongolie est parvenue à contenir la pandémie, avec seulement 1 456 cas d’infection enregistrés. Les conséquences de la pandémie ont pourtant affecté de nombreux Mongols, alors que près de 28 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les habitants souffrent notamment d’une grave pénurie d’eau – au moins 40 % de la population souffrent du manque d’accès à l’eau potable. Au village de Shuwuu, à 30 km d’Oulan-Bator, les salésiens gèrent l’unique point d’eau local, un puits construit en 1998 par la petite communauté catholique mongole – qui compte environ 1 200 fidèles.

Depuis 2016, les missionnaires salésiens s’occupent de la station missionnaire de Shuwuuk, où un point d’eau sert d’unique accès à l’eau potable pour les villageois.

Tous les jours, plus de 300 familles mongoles font la queue pour collecter de l’eau potable auprès de la mission catholique de Shuwuu, à environ 30 km d’Oulan-Bator, la capitale mongole. Ce point d’eau, qui représente l’unique source d’eau potable pour plusieurs centaines d’habitants de la région, a été installé en 1998. Au fil du temps, de plus en plus d’habitants des alentours sont venus chercher de l’eau, alors que le manque d’eau potable reste une menace au développement du pays. Selon WRG (Water Resources Group), les eaux souterraines, qui représentent 80 % de la consommation d’eau potable en Mongolie, s’épuisent constamment à cause de l’assèchement des rivières et des lacs. Au moins 40 % de la population n’a pas d’accès direct et sûr à l’eau potable, et parmi les quelque 1,3 million d’habitants de la capitale, près de la moitié souffrent du manque d’accès à l’eau potable. Les organisations caritatives estiment qu’au moins une école primaire mongole sur quatre n’a pas d’accès sécurisé à l’eau potable, et que les élèves sont forcés d’utiliser des sources insalubres, causant une forte mortalité infantile à cause des maladies diarrhéiques.

La Mongolie est loin d’être la seule à souffrir d’une telle pénurie d’eau ; selon ONU-Eau, près de 2,1 milliards de personnes à travers le monde en souffrent, et d’ici 2050, ce chiffre pourrait presque doubler. Dans beaucoup de régions de Mongolie, en particulier dans les régions rurales, des camions-citernes amènent de l’eau aux villageois situés loin des points d’eau. Le point d’eau de Shuwuu a été créé à l’initiative de Mgr Wenceslaus Padilla, ancien évêque de la préfecture apostolique d’Oulan-Bator (de 1992 à 2018). Mgr Pabilla, d’origine philippine, a confié la mission de Shuwuu aux Salésiens de Don Bosco en 2016. Ces derniers ont continué leur mission auprès des habitants malgré la pandémie. Dans une récente vidéo publiée sur le service d’accès à l’eau potable, une catéchiste locale a décrit les difficultés que rencontraient les habitants de Shuwuu au quotidien, avant la construction du puits. « Ce puits répondait à un besoin urgent, parce que la seule source d’eau potable du village venait des camions-citernes », explique-t-elle. Tsegmed, villageoise et mère de quatre enfants, explique que les 10 à 15 litres d’eau utilisés tous les jours par sa famille proviennent du puits de la mission catholique. « Depuis le début de la pandémie, notre consommation en eau a augmenté », précise-t-elle.

28 % de la population sous le seuil de pauvreté

La Mongolie, qui compte environ 3,2 millions d’habitants, est parvenue à contenir le coronavirus. En tout, officiellement, seuls 1 456 cas d’infection dont 2 décès ont été enregistrés, le pays étant resté isolé depuis janvier 2020. La pandémie a pourtant affecté de nombreux Mongols, alors que près de 28 % de la population vit sous le seuil de pauvreté – un chiffre qui pourrait grimper à 35 % selon la Banque mondiale. La pauvreté en Mongolie a pourtant diminué de près de 60 % depuis les années 1990, grâce à la fin du régime communiste de la République populaire mongole et au retour du pays à une économie de marché. L’économie du pays s’est notamment améliorée grâce aux investissements étrangers, liés aux vastes ressources minières. Cependant, le secteur minier est lui aussi accusé d’avoir accéléré l’assèchement des eaux souterraines dans de nombreuses régions du pays.

Le père André Le Phuong, salésien et directeur du Bureau salésien pour le développement, basé à Oulan-Bator, confie que malgré les difficultés apportées par la pandémie, les religieux sont heureux de pouvoir poursuivre leur mission au point d’eau de Shuwuu, d’autant plus qu’ils s’attendent à recevoir davantage de demandes prochainement. « Nous espérons que ces services et les autres initiatives des salésiens en Mongolie seront connus afin d’attirer davantage de bienfaiteurs étrangers qui pourront contribuer à notre mission », ajoute-t-il. Frère André est notamment chargé de faire le lien entre les bienfaiteurs et les bénéficiaires de la mission salésienne en Mongolie. Ainsi, il publie tous les mois une newsletter sur les programmes et les activités de la mission salésienne dans le pays – qui comprennent notamment un centre d’accueil de jour et une école primaire, ainsi que des centres d’accueil pour les enfants des rues et les jeunes défavorisés, et une école technique. La mission salésienne jour un rôle important dans la mission de la petite communauté catholique mongole – qui compte seulement 1 200 fidèles pour trois églises.

(Avec Ucanews, Oulan-Bator)


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