Eglises d'Asie

Le synode de l’Église catholique syro-malabare appelle à lutter contre la faim et la pauvreté

Publié le 25/08/2020




Le 22 août, à l’issue du premier synode en ligne de l’Église catholique syro-malabare, les évêques indiens de l’Église orientale – établie à l’origine au Kerala, dans le sud de l’Inde –, ont appelé leurs paroisses et institutions à « identifier et nourrir les personnes affamées », particulièrement frappées par la crise sanitaire et ses conséquences économiques. Lors du 28 synode de l’Église syro-malabare, organisé à distance en raison des restrictions sur les transports, les évêques ont fait part de leur inquiétude : « La situation est tellement grave que ces problèmes ne peuvent pas être gérés par les seules ressources du gouvernement. L’Église doit s’impliquer afin de soulager leurs souffrances. »

Le 22 août, le cardinal George Alencherry, archevêque majeur de l’Église catholique syro-malabare, lors de son 28e synode, organisé en ligne pour la première fois.

Inquiets face à la montée de la pauvreté en Inde et aux lourdes conséquences du confinement dans le pays, les évêques de l’Église catholique syro-malabare ont appelé leurs paroisses à « identifier et nourrir les personnes affamées » dans leurs régions. Leur message a été publié le 22 août à l’issue du 28e synode de l’Église orientale, établie à l’origine dans l’État du Kerala, dans le sud de l’Inde, et auquel 61 évêques sur 62 ont participé à distance. La rencontre a été organisée en ligne en raison des restrictions sur les transports. « Cet appel ne concerne pas que les catholiques démunis. Les paroisses doivent prendre soin de tous ceux qui ont faim dans leurs zones paroissiales », souligne le père Alex Onampally, nouveau secrétaire de la commission pour les médias de l’Église catholique syro-malabare. Le prêtre confie que les évêques de l’Église orientale ont fait part de leur vive inquiétude « concernant la pauvreté et la faim qui se répandent » depuis le début de la pandémie de Covid-19 et le confinement, décrété par le gouvernement indien à partir du 25 mars. L’Église syro-malabare a déjà investi plus de 533 millions de roupies (6,08 millions d’euros) afin d’aider les personnes les plus affectées par la crise.

« Une Église pauvre pour les pauvres »

Le synode de l’Église syro-malabare a appelé à concentrer encore davantage les efforts de l’Église locale contre l’aggravation de la faim et de la pauvreté dans le pays. « La situation est tellement grave que ces problèmes ne peuvent pas être gérés par les seules ressources du gouvernement. L’Église doit s’impliquer afin de soulager les souffrances de ces gens », ont souligné les évêques dans un communiqué officiel. « Chaque paroisse et organisation ecclésiale doit se préoccuper particulièrement des besoins de tous, sans distinction de caste, de religion ou de race. » Les évêques ont également demandé aux paroissiens qui le peuvent de jeûner afin de trouver des ressources pour venir en aide aux plus affamés. « Chaque paroisse doit rechercher et identifier ceux qui ont faim dans le quartier. Des méthodes pratiques et efficaces doivent être adoptées afin de leur venir en aide », ont-ils poursuivi. Selon eux, ces temps difficiles sont « une occasion d’être auprès des pauvres et des démunis, et de mettre en pratique la vision du pape François d’une ‘Église pauvre pour les pauvres’ ». Le synode a également signalé aux paroisses et aux institutions de l’Église syro-malabare que « leur devoir est d’utiliser leurs revenus afin de soulager la faim des plus pauvres ».

Les évêques ont également appelé les gouvernements locaux et le gouvernement fédéral à lever les intérêts sur les prêts agricoles, alors que les fermiers indiens subissent la crise de plein fouet après la chute des prix de leur production, sans compter les pertes de culture et les catastrophes naturelles survenues en pleine crise sanitaire. Ils ont également appelé le gouvernement à soutenir les prix agricoles afin de secourir les fermiers en détresse. « Les fermiers traversent une crise grave. Ils ne peuvent même pas rembourser leurs emprunts agricoles et ils ont besoin du soutien du gouvernement. Leur survie est en jeu », assure le père Onampally, qui explique que le cardinal syro-malabar George Alencherry, archevêque majeur d’Ernakulam-Angamaly, a invité les évêques à mettre en œuvre des « changements radicaux » dans le ministère pastoral de l’Église locale face à la situation actuelle. « Jusqu’à maintenant, l’Église [syro-malabare] a été très active dans les secteurs de l’éducation et de la santé, mais il est temps de nous préoccuper davantage des conditions économiques subies par les fidèles, en contribuant au développement du pays », a-t-il souhaité lors du synode.

(Avec Ucanews, Kochi)


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