Eglises d'Asie

Le Timor Leste choisit saint Jean-Paul II comme patron de l’éducation et de la jeunesse

Publié le 02/04/2019




Une dévotion de neuf mois à saint Jean-Paul II a commencé à travers les écoles et les lycées du Timor Leste, depuis février jusqu’en octobre 2019. L’initiative vient du ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, en coopération avec les évêques de Dili, Baucau et Maliana. Le ministère a par ailleurs soutenu l’héritage de la visite du saint pape il y a trente ans, en octobre 1989. Saint Jean-Paul II avait fait une courte escale à Dili le 12 octobre, durant son voyage du 6 au 16 octobre 1989, en Corée du Sud, en Indonésie et à l’île Maurice. Lors de sa visite, qui se voulait pastorale et non politique, le pape, sans soutenir les appels à l’autodétermination, avait pourtant appelé l’Indonésie à respecter les droits de l’homme en rappelant la mort de beaucoup d’innocents.

Le Timor Leste a choisi saint Jean-Paul II comme saint patron pour l’éducation et la jeunesse. Cette initiative survient près de trente ans après la visite du pape, du 6 au 16 octobre 1989, en Corée du Sud, en Indonésie et à l’île Maurice. Son escale à Dili, la capitale est-timoraise, tombait dix ans avant le référendum qui a conduit à l’indépendance du Timor oriental face à l’Indonésie. Lors de sa courte visite, si Jean-Paul II n’a pas soutenu les appels de la population à l’autodétermination, il a cependant appelé l’Indonésie à respecter les droits de l’homme, en rappelant la mort de beaucoup d’innocents. Il a également encouragé les jeunes timorais en les invitant à être « le sel de la terre et la lumière du monde ». Dulce de Jesus Soares, la ministre de l’éducation, de la jeunesse et des sports, a lancé, selon le ministère, une dévotion de neuf mois à Jean-Paul II, en coopération avec les évêques de Dili, Baucau et Maliana, de février à octobre 2019. Le but de l’initiative est de sensibiliser les jeunes à l’histoire du pays, en particulier sur la visite historique de Jean-Paul II. Cette visite, bien que pastorale et non politique, avait permis de mettre en lumière les souffrances des Timorais sous l’occupation indonésienne. Dans le cadre de cette dévotion de neuf mois, une statue grandeur nature du saint pape est en tournée dans les écoles du pays, dont plusieurs écoles de Dili. « Nous espérons que la statue de Jean-Paul II fera grandir leur amour envers l’Église et envers la nation », a déclaré la ministre est-timoraise.

Zelia Pinto, une lycéenne de 18 ans, explique son grand désir d’étudier à l’université, ajoutant qu’elle espère que l’intercession de saint Jean-Paul II l’aidera à atteindre ce but. « J’ai entendu parler de beaucoup de miracles grâce à son intercession. C’est ma première opportunité de me rapprocher de lui », explique-t-elle. Francisco Barreto dos Santos, un lycéen de 16 ans du lycée public Sergio Vieira de Mello, à Dili, confie qu’il a participé à la dévotion avec d’autres élèves et plusieurs professeurs. « Cela m’a touché, et quelque chose me dit que je dois changer », explique Francisco, cinquième d’une famille rurale de sept enfants. « J’ai eu tendance à n’en faire qu’à ma tête et j’ai séché des cours. Mais depuis ce jour-là, je sens une différence. Je veux vraiment réussir mes études », ajoute-t-il. « Je veux aussi devenir un meilleur catholique », poursuit Francisco, qui souhaite devenir militaire plus tard. Le directeur de l’école Manuel Pinto, confie que la présence de la statue à l’école a récemment contribué à soutenir le moral des quelque 1 500 élèves et des 52 enseignants de l’école. « C’est une source d’inspiration pour tout le monde. J’espère que cela permettra aussi d’encourager les enseignants. »

Joao da Silva Pereira, directeur adjoint du lycée Esperanca da Patria de Dili, assure que cette tournée de la statue de saint Jean-Paul II est fortement symbolique pour les élèves. « Nous avons besoin de ce genre d’initiatives pour aider les élèves à donner du sens à leurs vies », soutient-il. Ceux-ci sont en effet encouragés à réussir non seulement sur le plan académique, mais aussi à grandir sur le plan social et spirituel. Manuel Verdial, directeur du lycée 5 de Maio à Dili, explique quant à lui que la dévotion a visiblement marqué quelques-uns de ses élèves. « J’ai remarqué que quelques élèves, qui étaient souvent absents, sont devenus beaucoup plus assidus depuis que la statue est passée dans l’école, il y a plusieurs semaines », confie-t-il. Manuel ajoute que la figure de saint Jean-Paul II est très importante au Timor-Leste. Le directeur explique d’ailleurs que son lycée a prévu de faire édifier une statue du saint dans le lycée. « Le but est d’inviter les élèves à prier cinq à dix minutes avant le début des cours. Je pense que cela contribuera à diminuer les tensions entre élèves. »

Soif de Dieu

Le père Luis Bonaparte, responsable de l’enseignement catholique pour le diocèse de Dili, confie que l’Église est reconnaissante envers l’initiative du ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports. Pour le prêtre, qui ajoute que l’impact de la visite du pape Jean-Paul II il y a trente ans est toujours ressenti aujourd’hui, cette reconnaissance du gouvernement devrait inspirer les jeunes. « C’est une bonne façon d’inciter les jeunes à grandir intellectuellement et spirituellement », assure-t-il. « Nous espérons qu’ils parviendront à grandir dans la foi face aux autres influences actuelles. » Le père Luis confie qu’il a pu constater l’enthousiasme des jeunes et des enseignants lors du passage de la statue dans leurs établissements. « Cela montre qu’ils ont soif de Dieu », souligne le prêtre. Marcal das Neves, parent d’élève et responsable local, assure que saint Jean-Paul II a une place particulière dans les cœurs des Timorais. « Il a donné de l’espoir à la population qui souffrait alors sous l’occupation. Et nous en voyons aujourd’hui les fruits », confie-t-il. Quand la statue est passée au lycée Sergio Veira de Mello, où se rend son fils, Marcal confie qu’il a également organisé un temps de prière pour les parents. « Saint Jean-Paul II avait un charisme très spécial. Je pense qu’une telle dévotion aidera les jeunes à avancer. »

(Avec Ucanews, Dili)


CRÉDITS

Thomas Ora