Eglises d'Asie

L’Église vietnamienne célèbre la journée de commémoration des victimes de persécutions religieuses

Publié le 22/08/2019




À l’occasion du 22 août, désigné par l’Assemblée générale de l’ONU comme la Journée internationale de commémoration des victimes de violences basées sur la religion ou les convictions, l’Église catholique au Vietnam a organisé de nombreuses activités pastorales pour les victimes de violences religieuses. Les diocèses et congrégations ont été invités à célébrer une messe spéciale pour marquer la journée et prier pour la liberté religieuse. Le père Anthony Nguyen Van Dinh, responsable du Comité diocésain pour la Justice et la Paix du diocèse de Vinh, affirme que la situation s’est détériorée dans plusieurs régions du pays. Même si 43 organisations religieuses sont officiellement reconnues au Vietnam, le prêtre estime que la liberté religieuse n’est pas encore considérée comme un droit fondamental.

L’Église catholique vietnamienne a organisé une série d’activités pastorales pour les victimes de violences religieuses à l’occasion de la journée du 22 août. La commission épiscopale pour la Justice et la Paix et la Conférence épiscopale vietnamienne ont demandé conjointement à tous les diocèses et congrégations du pays d’organiser une messe spéciale et une adoration eucharistique afin de marquer la Journée internationale de commémoration des victimes de violences basées sur la religion ou les convictions. Les catholiques ont été invités à « prier pour que la liberté religieuse soit exercée dans notre pays », pour que « les victimes de violences et de persécution religieuse soient en paix » et pour que « les victimes défuntes reposent au Ciel », a déclaré la commission épiscopale. Ils ont également demandé de visiter et de soutenir spirituellement et matériellement les familles des victimes et leurs communautés. Le communiqué, signé par le père Joseph Marie Le Quoc Thang, secrétaire de la commission, affirme que même s’il n’y a pas de répression violente à grande échelle dans le pays communiste, « la liberté de croyance et de religion n’est pas vraiment considérée comme un droit fondamental, mais seulement comme une faveur qui doit être demandée par les fidèles et accordée par les autorités ». Le père Thang confie que les activités pastorales du 22 août sont destinées à agir aux côtés de l’Assemblée générale des Nations unies, qui a décidé de désigner cette journée pour mettre à l’honneur les victimes de violences dues à leurs croyances religieuses.

L’Assemblée générale de l’ONU a rappelé que les États ont la responsabilité fondamentale de soutenir et de protéger les droits de l’homme, dont les droits des personnes appartenant aux minorités religieuses, y compris leur droit à exercer librement leurs religions ou leurs croyances. Le père Anthony Nguyen Van Dinh, responsable du Comité diocésain pour la Justice et la Paix du diocèse de Vinh, dans le centre nord du Vietnam, estime que la situation de la liberté religieuse se détériore dans de nombreuses régions du pays. « Beaucoup d’individus, de familles et d’organisations sont victimes de discriminations injustes, de menaces et d’arrestations à cause de la pratique de leur foi ou de l’expression de leurs croyances », assure le prêtre. Le père Dinh appelle également toutes les paroisses à se rassembler dans les églises pour prier pour que la liberté religieuse soit respectée à travers le pays. Ces dernières années, selon lui, beaucoup de catholiques du diocèse de Vinh ont été emprisonnés ou harcelés pour s’être élevés contre les persécutions religieuses, la pollution environnementale, l’injustice sociale et les violations des droits de l’homme. L’Association pour la protection de la liberté de religion (Association to protect freedom of religion), basée au Vietnam, a enregistré une vingtaine de cas de violences religieuses à travers le pays au cours des six premiers mois de l’année. Les militants affirment que les groupes religieux qui résistent au contrôle du gouvernement ont une liberté de mouvement limitée, qu’ils ne peuvent pas participer aux activités religieuses, qu’ils sont surveillés étroitement et attaqués violemment par la police. Les groupes approuvés par le gouvernement agissent en respectant les règles fixées par le gouvernement. Selon la Commission gouvernementale chargée des Affaires religieuses, le Vietnam reconnaît officiellement 43 organisations religieuses appartenant à 16 religions dans le pays – pour près de 26 millions de fidèles dont presque 56 000 responsables religieux –, et plus de 29 300 lieux de culte.

(Avec Ucanews, Hanoï)


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