Eglises d'Asie

Les bourses asiatiques limitent la casse après une forte chute des cours pétroliers

Publié le 11/03/2020




Lundi 9 mars au matin, les cours du pétrole avaient chuté de près de 25 % en 24 heures, affectant les bourses asiatiques, déjà fragilisées par l’épidémie du coronavirus. Une chute soudaine due à la guerre des prix entre les pays de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), dont Riyad, et la Russie. La crise est également due à la chute de la demande mondiale, provoquée par l’épidémie, alors que Pékin est considéré comme le premier acheteur mondial de combustibles fossiles. Malgré une chute spectaculaire, les cours ont légèrement remonté en début de semaine, permettant aux bourses asiatiques de surmonter la crise.

Dans la nuit du 8 au 9 mars, les cours du pétrole ont enregistré une chute spectaculaire en Asie ; le baril de Brent, en mer du Nord (l’une des deux références mondiales de pétrole brut léger), et le baril américain de WTI ont tous deux perdu plus de 25 %, entraînant la chute des principales bourses asiatiques. Cette chute soudaine est due à une nouvelle guerre des prix du pétrole brut lancée par l’Arabie saoudite. Alors que les pays de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et la Russie ne sont pas parvenus à se mettre d’accord pour soutenir les cours, concernant les niveaux de production post-coronavirus, Riyad a décidé unilatéralement de baisser les prix à la livraison. L’OPEP et la Russie se sont rencontrés le 6 mars sans parvenir à un accord, et Riyad et ses alliés veulent soutenir la production pour maintenir leurs parts de marché. Moscou, de son côté, cherche à couper la production de près d’1,5 millions de barils par jour et à monter les prix. La chute de la demande mondiale, provoquée par les effets du virus chinois, a entraîné une réduction constante de la valeur du pétrole brut. L’excès de production, dû notamment au boum du pétrole de schiste américain, a déjà frappé le secteur ces dernières années. Avant le début de l’épidémie, l’accord sur les niveaux de production entre l’OPEP et le Kremlin avait permis de maintenir les prix entre 50 et 60 dollars le baril. La crainte d’une guerre des prix entre les différents producteurs de pétrole a entraîné la chute des bourses asiatiques.

Lundi après-midi, Shanghai avait perdu 3 %, et Hong-Kong et Shenzhen plus de 4 %. Tokyo a perdu plus de 5 %, ainsi que Bombay. Séoul, de son côté, a perdu 4,2 %. Après ce “lundi noir”, les bourses asiatiques ont cependant légèrement rebondi après une nouvelle hausse du cours du pétrole de près de 8 %, en limitant la casse. En clôture, mardi 9 mars, les bourses de Shanghai et Shanzhen affichaient des hausses respectives de 1,82 % et 2,65 %. Hong-Kong a affiché une hausse de 1,86 %. Tokyo a également rebondi avec une hausse de 0,85 %. Selon les analystes, l’amélioration de l’épidémie du coronavirus en Chine et dans les pays voisins, particulièrement en Corée du Sud, a rassuré les investisseurs. La visite du président Xi Jinping à Wuhan, épicentre de l’épidémie, ce mercredi 10 mars, a également été saluée, comme un signe visible qu’en Chine, le pire est déjà passé. Un soulagement pour les cours asiatiques, déjà fragiles alors que Pékin a publié des chiffres révélateurs ce week-end. Ainsi, au cours des deux derniers mois, les exportations chinoises ont chuté de 17 % et les importations de 4 %. Les analystes ne s’attendent pas à un rétablissement rapide de la situation économique chinoise. Selon Oxford Economics, la croissance du PIB chinois pourrait chuter d’au moins 2 % d’ici la fin du premier trimestre 2020. Pékin est le premier acheteur au monde de combustibles fossiles. En 2017, la Chine a importé près de 145 milliards de dollars (127 milliards d’euros) de pétrole, principalement auprès de la Russie et des pays du Golfe. Le Japon, la Corée du Sud et l’Inde dépendent également fortement de l’importation de pétrole brut pour leur production industrielle. Tokyo dépense environ 58 milliards de dollars (51 milliards d’euros) par an pour acheter des produits pétroliers à l’étranger, de même que Séoul. Delhi dépense près de 75 milliards de dollars de pétrole par an (66 milliards d’euros).

(Avec Asianews)


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