Eglises d'Asie

Les compositions du père Manoling Francisco, jésuite philippin, accompagnent le mois du Rosaire

Publié le 24/10/2020




Le père Manoling Francisco sj est reconnu au sein de l’Église catholique philippine pour ses nombreuses compositions. Passionné de musique depuis l’enfance, le jésuite philippin a mis en musique des hymnes sacrés tels que l’Ave Maria ou le Stella Maris. Des chants repris par une grande partie des paroisses du pays et par les quelque 85 millions de catholiques que compte l’archipel (sur 106,7 millions d’habitants). « Mon rêve était de devenir pianiste concertiste », confie le père Francisco, ordonné prêtre en 1997, qui a commencé à composer des chants liturgiques dès l’âge de 14 ans.

Le père Manoling Francisco sj, compositeur, lors d’une répétition avec un orchestre formé par des jeunes catholiques philippins.

Les compositions du père Manoling Francisco, jésuite, sont saluées par de nombreux catholiques philippins. Le prêtre a mis en musique de nombreux hymnes tels que l’Ave Maria ou le Stella Maris, des compositions jouées dans l’ensemble du pays et chantées régulièrement par une grande partie des quelque 85 millions de catholiques que compte le pays (sur 106,7 millions d’habitants). Durant la pandémie, ses compositions ont été une source d’inspiration pour de nombreux fidèles, notamment durant la fête de Notre-Dame du Rosaire, célébrée le 7 octobre. Le père Francisco confie que quand il était jeune, il n’avait jamais pensé devenir prêtre. Il jouait du piano depuis l’âge de six ans, et il souhaitait être musicien. « Mon rêve était de devenir pianiste concertiste, comme ma grand-mère paternelle », explique-t-il.

Mais un après-midi, alors qu’il patientait devant l’université Ateneo de Manille, dirigée par les jésuites, il confie avoir ressenti la présence de Dieu et un appel à devenir prêtre. Le père Manoling Francisco est un neveu du sénateur Benigno Aquino Jr., un des leaders de l’opposition contre la dictature sous le président Ferdinand Marcos. Benigno Aquino Jr. fut assassiné en 1983. Le prêtre confie que ce drame l’a beaucoup marqué, en particulier durant ses études, alors qu’il constatait les abus du président Marcos par lui-même. « Alors que je prenais davantage conscience du climat politique à l’époque de Marcos, cet assassinat m’a poussé à m’engager. Mais je me sentais tiraillé, parce que d’un côté, je voulais être avec mon peuple dans ce combat. Mais de l’autre, je voulais écouter cet appel au sacerdoce », confie le père Francisco.

La musique au service de la foi

« Une nuit, alors que je priais, le Seigneur m’a rappelé que même si les questions économiques et politiques sont importantes, elles font partie du plan rédempteur de Dieu », ajoute-t-il, en expliquant avoir réalisé qu’il ne pourrait trouver la paix dans les livres et à l’université : « En m’abandonnant au Seigneur, j’ai trouvé la paix que je cherchais. » Le jour suivant, il entrait chez les jésuites. Il assure que sa passion pour la musique l’a aidé à approfondir sa foi. Pour lui, les hymnes tels que le Stella Maris ou l’Ave Maria illustrent parfaitement la forte dévotion mariale des Philippins. Dans l’archipel philippin, entouré d’eau, beaucoup de pêcheurs philippins se sentent proches du Stella Maris (Étoile de la Mer). Le prêtre confie que pour les Philippins, Marie est une étoile qui les guide vers le Christ, et qui protège les marins quand la mer se déchaîne. Le père Francisco explique qu’il apporte une touche philippine à ses compositions, en adaptant ces hymnes sacrés et liturgiques à la vie quotidienne et à la culture philippine. Originaire d’une famille de musiciens, il confie avoir voulu mettre ces prières en musique afin d’apaiser l’angoisse et susciter l’espérance au cœur des gens. Il ajoute qu’il espère que ses compositions continueront d’inspirer et de guider la prière des fidèles, et qu’elles puissent permettre d’approfondir leur relation avec Dieu.

(Avec Ucanews, Manille)


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