Eglises d'Asie

Les églises à nouveau ouvertes en Corée du Sud, alors que le nombre d’infections est au plus bas

Publié le 28/04/2020




Ce dimanche, les catholiques sud-coréens ont pu à nouveau prier et célébrer dans les églises du pays, à condition de porter un masque de protection et de respecter les règles de distanciation sociale. Même si les autorités considèrent encore les lieux publics intérieurs comme à risque, les églises mais aussi les gymnases et installations sportives ont pu à nouveau rouvrir leurs portes, alors que la crise sanitaire est au plus bas en Corée du Sud. Le 26 avril, le pays n’a enregistré que 8 cas positifs, soit le chiffre le plus bas depuis le 18 février. Les autorités sont particulièrement vigilantes depuis l’expérience de la secte chrétienne de Shincheonji, qui a été le principal foyer de contagion dans le pays.

Ce dimanche 26 avril, les églises ont pu rouvrir leurs portes aux fidèles, en respectant les distanciations sociales recommandées et en portant des masques de protection. La chute du nombre de cas d’infection confirmés dans le pays a conduit les autorités à lever certaines restrictions sur les rassemblements publics. Toutefois, certaines communautés chrétiennes ont décidé d’adopter des mesures encore plus strictes que celles exigées par le gouvernement. Par exemple, l’Église presbytérienne d’Onnuri, à Séoul, qui peut accueillir jusqu’à 3 000 personnes, a limité l’entrée dans l’église à 700 personnes au maximum, et seulement par réservation en ligne. Les mesures de distanciation sociale imposées sont en vigueur jusqu’au 5 mai, mais les Sud-Coréens ont déjà repris leurs activités économiques et sociales. La gestion de la crise sanitaire par le pays est considérée comme l’une des plus efficaces au monde, et comme une alternative plus démocratique au modèle adopté par Pékin. La rapidité de réaction a été la clé du succès, ainsi que l’excellence du système sanitaire national. Le gouvernement a rapidement fermé les frontières avec la Chine, où se trouvait l’épicentre de l’épidémie, et introduit des mesures de quarantaine pour tous les nouveaux entrants dans le pays. Les autorités sanitaires ont ensuite lancé des tests massifs dans le pays, en retraçant les personnes ayant été en contact avec les personnes infectées.

Les communautés religieuses ont également pu maintenir la liturgie avec des retransmissions en direct, et en proposant des accompagnements spirituels et des confessions en « drive-in », les fidèles restant dans leurs voitures. En février, au plus fort de la crise en Corée du Sud, Mgr Lazarus You Heung-sik, évêque de Daejeon, qui préside la commission des Affaires sociales de la Conférence des évêques de Corée, a invité les chrétiens à prier et à poser des actions concrètes. « Vous pouvez réciter le chapelet tous les jours, et entreprendre d’autres actes de charité et de pénitence », a-t-il confié. Les autorités de Séoul considèrent toujours les espaces publics intérieurs comme à risque ; néanmoins, les églises ont pu rouvrir leurs portes, ainsi que les installations sportives, à condition de respecter les mesures sanitaires. Cette inquiétude est surtout liée à l’expérience de l’Église de Jésus de Shincheonji, une secte chrétienne, qui a été le principal foyer de contagion dans le pays. Début mars, 56,1 % des cas confirmés en faisaient partie. Certains malades revenaient également de Wuhan, dans la province chinoise de Hubei, épicentre de la pandémie. Encore aujourd’hui, près de la moitié des 10 738 cas positifs (cumulés depuis le début de la crise) sont liés à Shincheonji. Le 26 avril, le pays avait enregistré huit nouveau cas, soit le chiffre le plus bas depuis le 18 février.

(Avec Asianews, Séoul)


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