Eglises d'Asie

Les électeurs taïwanais sous le regard de Pékin avant les élections générales du 11 janvier

Publié le 11/01/2020




Ce samedi 11 janvier, près de 19,3 millions d’électeurs taïwanais doivent participer aux élections présidentielles et parlementaires, opposant la présidente actuelle Tsai Ing-wen à Han Kuo-yu. Ce dernier, maire de Kaohsiung, est connu depuis longtemps comme favorable à des relations étroites avec la Chine est opposé à la politique de l’administration actuelle vis-à-vis de Pékin. Tsai Ing-wen, membre du Parti démocrate progressiste (Minjindang) favorable à l’indépendance, disposerait d’une avance confortable malgré quatre années de tensions accrues entre Taipei et Pékin, sur fond de fortes pressions économiques, politiques et militaires contre l’île taïwanaise.

La politique taïwanaise est sous tensions à l’approche des élections générales de ce samedi 11 janvier, alors que plus de 19,3 millions d’électeurs sont appelés à voter lors des élections présidentielles et parlementaires. Selon les analystes, l’avenir des relations entre Taipei et Pékin dépendra des résultats de ces élections, alors que la République populaire de Chine continue de revendiquer Taïwan comme territoire chinois. La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, en campagne pour un second mandat, se présente comme représentante des valeurs libérales taïwanaises contre l’ingérence croissante de la Chine à Taïwan sous l’autorité du président Xi Jinping. Elle se présente contre Han Kuo-yu, le maire de Kaohsiung. Ce dernier, considéré comme populiste, est depuis longtemps en faveur de liens plus étroits avec la Chine continentale et accuse l’administration actuelle d’entretenir des tensions inutiles avec Pékin. Les deux candidats ont organisé, vendredi 10 janvier au soir, des meetings politiques fastueux pour la veille des élections. La loi taïwanaise interdit la publication de sondages durant les dix derniers jours précédant les élections, mais selon les experts, la présidente actuelle serait largement devant Han Kuo-yu. Pékin n’a pas caché son désir de voir perdre Tsai Ing-wen, membre du Parti démocrate progressiste ou Minjindang, favorable à l’indépendance. De plus, la présidente rejette l’idée du gouvernement chinois que Taïwan fasse partie de la « Chine unie ». Au cours de ses quatre années de mandat, Pékin n’a cessé d’intensifier sa pression sur son voisin, en coupant les communications officielles avec le gouvernement taïwanais et en accentuant les intimidations économiques et militaires. La Chine a également dépouillé Taïwan de sept de ses quelques alliés diplomatiques, espérant persuader les électeurs taïwanais de punir la présidente Tsai Ing-wen par les urnes. Les résultats des élections de ce samedi seront surveillés de près par les puissances régionales et par les États-Unis, en particulier dans le cadre des tensions actuelles entre Washington et Pékin. Taïwan est depuis longtemps un point critique des relations entre les deux pays, alors que Washington reste le principal allié militaire de Taipei.

(Avec Asianews, Taipei)


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