Eglises d'Asie

Les évêques coréens renouvellent leur engagement pour la vie et pour la famille

Publié le 23/04/2021




Le 15 avril, le Comité pour la vie de la Conférence des évêques de Corée (CBCK) a publié un communiqué afin de réaffirmer la position de l’Église en faveur de la vie, deux ans après la décriminalisation de l’avortement par la Cour Constitutionnelle. Le 11 avril 2019, la loi de 1953 réprimant les interruptions volontaires de grossesse a été jugée anticonstitutionnelle. Les évêques ont annoncé des messes pour la vie et pour la famille dans les paroisses de Corée ; par ailleurs, le mois de mai sera dédié à la famille afin de mettre l’accent sur une culture valorisant la vie et la dignité humaine.

La Conférence épiscopale coréenne a renouvelé son engagement pour la vie, deux ans après la déclaration de la loi de 1953 sur l’avortement comme anticonstitutionnelle.

Le 15 avril, la Commission pour la vie de la Conférence épiscopale coréenne (CBCK) a publié un communiqué, deux ans après la décriminalisation de l’avortement dans le pays par la Cour Constitutionnelle. Selon le journal local The Catholic Times, dans leur message, les évêques catholiques de Corée du Sud réaffirment leur combat pour la protection de la vie et appellent le Parlement coréen à légiférer afin de protéger la vie des enfants à naître. Le communiqué, signé par Mgr Linus Seong-hyo Lee, évêque auxiliaire de Suwon et président de la Commission épiscopale, évoque également les tensions et confrontations qui se poursuivent dans le pays depuis de nombreuses années entre les militants pro-vie et les pro-choix. Aujourd’hui, après la levée de l’interdiction de l’avortement en Corée du Sud, les évêques soulignent que « plusieurs millions de fœtus conçus chaque année sont exposés à la menace de l’avortement, sans aucune protection ». Pour le communiqué, l’avortement sans aucune forme de culpabilité contribue à répandre une « culture de mort », alors que l’Église continue de défendre « le caractère sacré de la vie ».

La loi de 1953 jugée anticonstitutionnelle en 2019

Mgr Lee, en réaffirmant la position de l’Église sur l’avortement, estime que « cela contribuera à favoriser et accélérer une culture de mort comprenant les infanticides, la maltraitance infantile, le meurtre et le suicide, ainsi qu’une culture contre la vie menant à un égoïsme extrême ». L’évêque coréen ajoute que « la vie du fœtus doit être respectée et protégée » et que « la légalisation de l’avortement est une reconnaissance publique du meurtre ». Afin de rappeler la position pro-vie de l’Église, les paroisses coréennes vont célébrer des messes pour la famille et pour la vie. Par ailleurs, le mois de mai sera dédié à la famille afin de mettre l’accent sur une culture valorisant la vie et la dignité humaine. La loi de 1953 réprimant les interruptions volontaires de grossesse (IVG) a été jugée anticonstitutionnelle le 11 avril 2019. Selon cette loi, une femme pouvait être condamnée jusqu’à un an de prison ou à une amende d’un maximum de 2 millions de wons (1 485 euros), tandis qu’un soignant ayant pratiqué un avortement pouvait être condamné jusqu’à deux ans de prison. Durant de nombreuses années, des groupes d’activistes pro-choix jugeaient que la loi de 1953 allait à l’encontre des droits des femmes. Selon un sondage de 2019, selon la BBC, près de 58 % des Sud-Coréens étaient en faveur de l’abolition de l’interdiction. En octobre 2020, le Parlement a annoncé la préparation d’une nouvelle loi pour décriminaliser l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse. Les avortements en cas de viol pourraient être autorisés jusqu’à 24 semaines.

Rencontre d’une délégation catholique avec le président Moon

En janvier 2021, le Parlement a également voté de nouvelles mesures législatives afin de déclarer la criminalisation de l’avortement comme anticonstitutionnelle et d’abroger les lois précédentes. Dans son message, l’Église sud-coréenne renouvelle sa ferme opposition à la légalisation de l’avortement en soutenant que « le droit au choix n’a de sens que si l’État aide les femmes face aux choix auxquels elles sont confrontées concernant la naissance de leur enfant ». Les catholiques coréens ont également été en première ligne dans la lutte contre l’avortement dans le pays. En 2018, ils ont lancé une pétition qui a rassemblé près d’un million de signatures. Le 20 août 2020, une délégation de huit membres dirigée par le cardinal Andrew Yeom Soo-jung, archevêque de Séoul, a rencontré le président Moon Jae-in afin d’exprimer leurs inquiétudes. « Si la loi ne peut interdire l’avortement, il faut au moins qu’une femme qui souhaite avorter puisse d’abord prendre en compte ses conséquences psychologiques, physiques et mentales via un accompagnement, avant de faire un choix », a souligné le cardinal Yeom dans une lettre adressée au président coréen. Malgré l’interdiction en vigueur, durant des années, les avortements illégaux ont été largement répandus et souvent sans poursuite judiciaire. Selon l’Institut coréen des affaires sanitaires et sociales, jusqu’en 2017, au moins 50 000 avortements ont été enregistrés, tandis qu’on ne compte que 62 cas qui ont mené à des mises en examen, et seulement 13 à des condamnations.

(Avec Ucanews)


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