Eglises d'Asie

Les responsables chrétiens demandent au gouvernement de consulter l’Église concernant la réouverture des églises

Publié le 13/06/2020




Officiellement, les lieux de culte sont autorisés à rouvrir depuis le 8 juin en Inde – bien que certains États aient prolongé le confinement jusqu’à fin juin. La réouverture est autorisée à condition de respecter une série de directives sanitaires, dont l’interdiction des « prasad » – nourriture présentée en offrande aux divinités. Dans certains États, dont le Kerala, l’Eucharistie serait concernée par cette mesure, ce qu’ont dénoncé les responsables chrétiens lors d’une conférence organisée en ligne le 10 juin par l’organisation All India Catholic Union (AICU). Le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Mumbai et président de la conférence épiscopale indienne (CBCI), a déclaré avoir rappelé au bureau du Premier ministre que « la Sainte Eucharistie est au cœur même de la foi chrétienne ».

L’organisation All India Catholic Union (AICU), la première organisation catholique laïque du pays, a appelé le bureau du Premier ministre Narendra Modi à consulter les responsables religieux avant de prendre des décisions radicales concernant le culte face à la pandémie. Le 10 juin, lors d’une conférence en ligne organisée par AICU, des responsables catholiques indiens ont évoqué une série de directives imposées par le gouvernement avant la réouverture des lieux de culte. Les règles en question autorisent la réouverture des mosquées, temples et églises depuis le 8 juin, mais interdisent la distribution des prasad – nourriture présentée en offrande aux divinités hindoues. Cette restriction fait partie d’une série de mesures destinées à freiner la propagation du virus. Dans certains États indiens, l’Eucharistie est également considérée comme une forme de prasad, et donc interdite afin d’éviter les risques de contagion. Les responsables catholiques ont réagi en soulignant que le fait de célébrer à nouveau la messe dans les églises sans distribuer la communion n’avait aucun sens.

Le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Mumbai et président de la conférence épiscopale indienne (CBCI), a déclaré que le bureau du Premier ministre a été informé que « la Sainte Eucharistie est au cœur même de la foi chrétienne ». Il a souligné auprès des autorités que pour les catholiques, le pain et le vin partagés sont le corps et le sang du Christ, dont les fidèles ont été privés durant plusieurs mois. Mgr Pierre Machad, archevêque de Bangalore et conseiller spirituel de l’AICU, ajoute que les catholiques se sont engagés à respecter les mesures d’hygiène afin d’éviter toute contagion. Il estime que la « gestion pratique » de la crise dans les églises devrait être laissée aux évêques locaux, aux prêtres et aux laïcs. La CBCI et d’autres institutions ont déjà donné des recommandations précises aux fidèles concernant les mesures sanitaires à respecter durant les cérémonies religieuses. Pour les évêques, le confinement, l’isolement imposé et la perte de contacts physiques avec les proches ont entraîné de lourdes conséquences psychologiques et spirituelles, sans compter les inquiétudes sur la santé.

L’Église sur le front auprès des travailleurs migrants

Allan Brooks, porte-parole de l’Église dans le nord-est du pays, a également rappelé durant la conférence en ligne, le 10 juin, que la vie devenait plus compliquée pour les étudiants venant des communautés plus démunies, et qui n’ont ni ordinateurs portables, ni smartphones, ni accès à Internet, voire pas d’électricité. Les responsables catholiques qui sont intervenus durant la conférence ont souligné les contributions importantes de l’Église en matière de soins, d’aide d’urgence et autres services humanitaires, afin de venir en aide aux sans-abris et aux personnes affectées par le chômage ou la faim en période de pandémie. Le cardinal Gracias a confié que beaucoup d’établissements catholiques ont été transformés en centres de soin et d’accueil ou en centres alimentaires. Les évêques ont ajouté que l’Église et la communauté catholique indienne sont parmi les premiers à servir auprès travailleurs migrants et de leurs familles, qui souffrent particulièrement de la situation actuelle. Ils ont souligné que la pandémie avait forcé la communauté catholique à repenser les enseignements de l’Église face à cette nouvelle crise mondiale.

(Avec Ucanews, New Delhi)


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