Eglises d'Asie

Les responsables religieux de Mindano adoptent la déclaration d’Abou Dhabi sur la fraternité humaine

Publié le 21/08/2019




La semaine dernière, les responsables religieux de la région de Mindanao ont adopté la déclaration d’Abou Dhabi, approuvé par le pape François en début d’année, et destinée à soutenir la compréhension mutuelle entre confessions religieuses. Mgr Valles, archevêque de Davao et président de la conférence épiscopale, a recommandé aux évêques d’adopter le document comme code de conduite. Le pape François et Ahmad Al-Tayyeb, le grand imam d’Al Azhar, ont présenté le « Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune » lors du voyage du pape aux Emirats Arabes Unis, du 3 au 5 février 2019.

La semaine dernière, suite aux attentats récents contre des églises et des mosquées des provinces de Sulu et de Zamboanga, un rassemblement entre responsables chrétiens et musulmans a été organisé à Davao. Le père Joel Tabora, jésuite et président de l’université Ateneo de Davao, décrit le document comme « remarquable » parce qu’il suscite le dialogue. Le prêtre mentionne la longue « histoire de conflits, de violences et de guerres » entre musulmans et chrétiens, malgré le fait que « les deux parties croient en un Dieu de compassion ». « Le dialogue soutient une culture de tolérance et soulage les problèmes économiques, sociaux, politiques et environnementaux », poursuit le père Tabora. Le général Carlito Galvez Jr, conseiller du gouvernement en matière de paix, explique que le document « peut permettre de prévenir la résurgence de conflits armés et la propagation de l’extrémisme violent » dans la région. « Nous utiliserons ce document comme une base pour nos interventions », confie l’ancien militaire. La rencontre de Davao, organisée sur le thème « Œuvrer et marcher ensemble pour la guérison et la réconciliation », était destinée à recueillir des suggestions pour maintenir la paix et la sécurité à Mindanao. Le professeur Moner Bajunaid, secrétaire général de la Conférence nationale des Ulama, estime que la diversité religieuse aux Philippines doit être une base du dialogue. « Ce travail pour la paix par le dialogue doit être un effort constant », ajoute-t-il, affirmant qu’il faut « le rendre plus dynamique ». « Nous devons prendre en compte qu’il n’y a pas que deux religions dans le pays. Il faut éviter de blesser les sensibilités. » Le père Tabora, pendant ce temps, salue la publication providentielle du document, alors qu’un traité de paix vient d’être ratifié entre le gouvernement philippin et les rebelles Moro de Mindanao. « La ratification de l’accord a été un ‘oui’ historique pour la paix de Mindanao et des Philippines, entre les musulmans et les chrétiens qui se sont opposés durant des siècles », confie le prêtre. Après quarante ans de conflits, le gouvernement et le Front islamique de libération Moro ont fini par signer un accord de paix en 2014. Les habitants des régions majoritairement musulmanes de Mindanao ont ratifié l’accord avec la mise en œuvre de la loi organique de Bangsamoro en janvier, ouvrant la voie à la création d’une nouvelle région autonome. Celle-ci devrait avoir une plus grande autonomie, plus de pouvoir et plus de ressources, ainsi qu’un plus grand territoire que la précédente région autonome. Parmi les principales déclarations contenues dans le document signé par le pape et par Al-Tayyeb, le père Tabora explique que les deux parties ont déclaré « adopter la culture du dialogue comme chemin ; la collaboration commune comme conduite ; la connaissance réciproque comme méthode et critère ». Le document appelle également à protéger tous les lieux de cultes – synagogues, églises et mosquées – durant les périodes de conflits.

(Avec Ucanews, Davao)


CRÉDITS

Office of the Presidential Adviser on the Peace Process