Eglises d'Asie

En raison des risques sanitaires, les Sud-Coréens célèbrent en ligne le festival Chuseok, la fête des récoltes

Publié le 06/10/2020




Le 1er octobre, les Sud-Coréens célébraient la fête annuelle des récoltes, le festival Chuseok, l’une des fêtes traditionnelles les plus populaires du pays. Cette année, le festival était célébré avec des mesures sanitaires renforcées. Habituellement, de nombreuses familles coréennes se rendent dans les cimetières et les parcs commémoratifs à cette occasion afin de rendre hommage à leurs ancêtres. Le ministère des Patriotes et des Anciens combattants, le département qui gère les cimetières nationaux, a interdit l’entrée dans onze cimetières du pays entre le 30 septembre et le 4 octobre.

Le festival Chuseok, la fête annuelle des récoltes, l’une des fêtes traditionnelles coréennes les plus importantes, a été célébré cette année de manière adaptée aux normes sanitaires, tandis qu’habituellement, les Sud-Coréens en profitent pour retourner dans leur région natale, pour visiter leurs proches et rendre hommage à leurs ancêtres. Le festival Chuseok, dont le nom signifie « veille de l’automne », est célébré le quinzième jour du mois lunaire (le 1er octobre cette année). Les Sud-Coréens ont bénéficié de cinq jours de congé à cette occasion, du 30 septembre au 4 octobre. Mais cette année, la fête des récoltes a été célébrée de façon plus discrète qu’en temps normal, et beaucoup de Sud-Coréens ont choisi de célébrer le festival en ligne. À cette occasion, habituellement, les chrétiens coréens se rendent dans les cimetières pour prier pour leurs ancêtres. Mais cette année, beaucoup n’ont pas pu se rendre dans les cimetières catholiques et dans les nombreux parcs commémoratifs à travers le pays, dont un bon nombre ont dû être fermés durant les cinq jours de congé, par prudence face aux risques de contagion. Le ministère sud-coréen des Patriotes et des Anciens combattants, le département qui gère les cimetières nationaux, a interdit l’entrée dans onze cimetières du pays entre le 30 septembre et le 4 octobre.

« Le virus nous a même pris nos fêtes et nos traditions »

Cecil Kim Hyo-jeong, une Sud-Coréenne catholique de Séoul, confie que depuis son mariage en 2003, sa famille rend toujours visite à la tombe des parents de son mari, à Busan, durant les périodes de congés comme Chuseok. « Habituellement, nous allons aussi visiter les tombes des grands-parents et nous évoquons quelques souvenirs. Mais cette année, ce n’était pas possible », explique Cecil Hyo-jeong. Elle ajoute qu’ils craignaient de transmettre le virus à leurs proches âgés. « Nous sommes restés chez nous durant les cinq jours du festival. Je pense que le virus nous a même pris nos fêtes et nos traditions familiales », regrette-t-elle. Le plus grand parc mémorial du pays, à Incheon (une ville portuaire à l’ouest de la capitale sud-coréenne), qui accueille en général plus de 3 000 visiteurs par jour durant le festival, a fermé ses portes durant les cinq jours de congé. Sans compter les conséquences de la pandémie, l’ancienne société confucéenne a déjà subi de profonds changements, avec notamment une remise en cause de la famille traditionnelle et un vieillissement rapide de la population. Dans la 4e puissance économique asiatique, certaines anciennes traditions familiales n’ont pas résisté à l’urbanisation rapide et aux taux de natalité en baisse. Dans une enquête récente réalisée par TMON, une plateforme sud-coréenne de e-commerce, 47 % des répondants coréens ont déclaré préférer passer la fête de Chuseok avec leur cercle familial proche, tandis que 18 % ont avoué préférer manquer les rencontres familiales.

Cette année, le ministère de la Santé s’est associé à l’Institut coréen pour la culture funéraire (Korea Funeral Culture and Policy Institute), afin de mettre en place un système en ligne permettant des visites virtuelles dans les parcs mémoriaux à travers le pays. Les familles peuvent décorer des tombes virtuellement, en ajoutant des albums photo et en rendant hommage à leurs proches défunts via l’application en ligne. L’augmentation du nombre d’infections enregistrées au cours des dernières semaines a forcé le gouvernement à renforcer les mesures sanitaires, notamment concernant les rassemblements publics. Le 29 septembre, 39 nouveaux cas ont été annoncés, soit le chiffre le plus bas depuis cinquante jours (pour un bilan total, depuis le début de la pandémie en Corée du Sud, de 23 699 cas dont 407 décès). Durant le festival Chuseok, les mesures prises par le gouvernement comprenaient aussi la fermeture des restaurants d’autoroute. Selon les médias locaux, cette année, il y a également eu des divisions intergénérationnelles entre les plus jeunes et les plus âgés durant le festival. Les aînés ont préféré rester chez eux et fêter seuls le festival, tandis que les plus jeunes ont insisté pour retrouver des membres de leurs familles.

(Avec Ucanews, Séoul)


CRÉDITS

Jens-Olaf Walter