Eglises d'Asie

Maharashtra : Noël célébré à Vasai avec 196 familles migrantes indigènes de Chota Nagpur

Publié le 01/01/2021




Le 26 décembre, 196 familles migrantes indigènes originaires de Chota Nagpur – une région de plateaux couvrant près de 65 000 km², notamment dans les États du Jharkhand, de l’Odisha et du Chhattisgarh – ont célébré Noël à Vasai, en banlieue de Mumbai, dans l’État du Maharashtra. « Ces gens sont sans emploi depuis huit mois », déplore Goretti Xalxa, de la fondation Pahunch, qui les a accompagnés depuis le mois de mars, quand elles n’ont pas pu rentrer dans leurs villages. « Malgré ces difficultés, ils se sont réjouis de la naissance de Jésus. La foi est plus forte que les souffrances endurées », assure-t-elle.

Sœur Sarla Macwan et Goretti Xalxo ont célébré Noël à Vasai, en banlieue de Mumbai, dans l’État du Maharashtra, avec 196 familles migrantes indigènes originaires de Chota Nagpur. La célébration s’est déroulée le samedi 26 décembre de manière festive, avec de nombreux chants et des échanges de cadeaux. Ces familles font partie d’un groupe plus large de 465 familles qui sont venues travailler dans l’État du Maharashtra, dans l’ouest de l’Inde, depuis le plateau de Chota Nagpur, qui s’étend dans les États du Jharkhand, de Chhattisgarh et de l’Odisha, à plus de 1 600 km de Mumbai. Contrairement à de nombreux autres migrants, ces familles n’ont pas pu rentrer dans leurs villages durant le confinement. Le 24 mars, le gouvernement indien a fait fermer les boutiques et les usines, laissant les migrants indiens sans emploi et les travailleurs journaliers sans revenus, ni logement ni nourriture. Goretti Xalxo et son association, Pahunch, se sont immédiatement investies afin d’aider entre 800 et 900 personnes à se loger et à se nourrir. Tandis que les 196 familles en question n’ont pas pu retourner dans leurs villages d’origine, les autres ont pu rentrer en parcourant près de 1 600 km à pied ou par des moyens de transport précaires, jusqu’à Chota Nagpur.

« Ma foi m’a aidée à dépasser mes peurs »

« Ces gens sont sans emploi depuis huit mois », déplore Goretti Xalxo. « Ce sont tous des travailleurs journaliers. Certains travaillent dans les usines, d’autres dans le bâtiment, et d’autres sont des employés domestiques. Malgré ces difficultés, ils se sont réjouis de la naissance de Jésus. La foi est bien plus forte que la souffrance et la douleur endurées. » Parmi eux, se trouve Julie Barwa, âgée de 49 ans, une migrante originaire d’Odisha. « Julie travaille dans une société de conditionnement. Son salaire a été réduit de 30 %. Ils ont tous du mal à joindre les deux bouts. Pourtant, personne ne demande de l’aide, parce qu’ils sont réservés. C’est la nature des gens indigènes ; ils ne savent pas comment demander », explique Goretti Xalxo. « Notre rôle est de les aider à s’émanciper, à comprendre leurs besoins et à défendre leurs droits. Ils méritent une vie décente, ils ont le droit de vivre et de se nourrir correctement. »

Goretti Xalxo a été surnommé « Covid warrior » pour son engagement et son investissement auprès des victimes du confinement. Sœur Sarla, de son côté, membre de la congrégation des Filles de la Croix, est également saluée pour son travail auprès des malades. Sœur Sarla dirige l’hôpital Sainte-Elizabeth de Mumbai, dans le quartier de Malabar Hill. « En tant que médecin, j’ai dû faire face à la pandémie, en prenant soin de ceux qui étaient atteints des symptômes les plus graves. Les patients atteints du Covid qui sont admis à l’hôpital ne parlent pas toujours facilement de leurs maladies et de leurs antécédents de santé, ce qui rend parfois les traitements d’autant plus difficiles. Ma foi m’a beaucoup aidée, notamment pour dépasser mes peurs et aussi pour vaincre celle des autres. »

(Avec Ucanews, Mumbai)


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