Eglises d'Asie

Mgr D’Souza, archevêque de Calcutta : Mère Teresa, « mère et éducatrice »

Publié le 07/09/2019




Jeudi 5 septembre, la liturgie faisait mémoire de sainte Teresa de Calcutta, qui a dédié sa vie aux plus pauvres d’entre les pauvres. Une messe solennelle, présidée par Mgr D’Souza, archevêque de Calcutta, a été célébrée à la maison mère des Missionnaires de la Charité. Mgr D’Souza a déclaré, durant la messe marquant le 22e anniversaire après la mort de la sainte, que « comme Mère Teresa, nous reconnaissons la face de Jésus dans les plus petits parmi nos frères et sœurs ». À l’issue de la célébration, les fidèles ont rendu hommage à Mère Teresa en chantant et en déposant des fleurs sur sa tombe. Extraits de l’homélie de Mgr D’Souza.

Chers frères et sœurs, en 1961, saint Jean XXIII a écrit une encyclique sur l’engagement social de l’Église au service de la dignité humaine, Mater et Magistra (L’Église mère et éducatrice). J’aimerais appliquer ce titre, Mater et Magistra – mère et éducatrice – à une vraie fille de l’Église catholique, sainte Teresa de Calcutta. Elle était « mère » avec tendresse, amour et attention. C’est pourquoi le pape François, dans son homélie durant sa canonisation il y a trois ans, disait : « Aujourd’hui, je dédie cette figure emblématique de la femme et de la vie consacrée à tout le travail des volontaires : qu’elle soit votre modèle de sainteté. Je pense, peut-être, que nous pouvons avoir du mal à l’appeler ‘sainte Teresa’. Sa sainteté est tellement proche de nous, si tendre et fructueuse que nous l’appelons spontanément ‘Mère Teresa’. » Si nous l’appelons naturellement « Mère », c’est qu’elle était donnée à tous, en particulier aux plus pauvres d’entre les pauvres, avec l’amour, la délicatesse et la protection affectueuse d’une mère. Mère Teresa était également « éducatrice ». Peu après sa première profession religieuse comme sœur de Notre-Dame de Lorette en 1929, elle a été nommée enseignante au sein de l’école Sainte-Marie d’Entally, à Calcutta. Une vocation qu’elle a menée avec beaucoup d’efficacité jusqu’à ce qu’elle fonde les Missionnaires de la Charité en allant dans les bidonvilles, pour être la lumière de Jésus auprès des plus pauvres. Quel était le secret de sainte Teresa de Calcutta pour qu’elle devienne ainsi mère, éducatrice et sainte ? La réponse est dans les trois lectures que nous avons entendues aujourd’hui. Le prophète Isaïe évoque une forme différente de jeûne et de sacrifice : non pas de manière ostensible avec un tapage égocentrique, mais en se donnant avec amour et une profonde humilité.

Dans sa première lettre, saint Jean nous dit que Dieu nous a aimés le premier, et qu’Il remplit nos cœurs et nos vies avec Son amour, pour que nous puissions partager cet amour avec nos frères et sœurs dans le besoin. Sainte Teresa a compris ce message et en a fait le principe même de sa vie consacrée en tant que Missionnaire de la Charité. Elle était comme la lune qui reçoit la lumière du soleil. Son énergie, sa lumière et son amour, qui venaient de Jésus dans la Sainte Eucharistie, elle les transmettait aux plus petits des frères et sœurs de Jésus. Dans la foi, elle a reconnu la face de Jésus dans la Sainte Eucharistie, c’est pourquoi la Sainte Messe, l’adoration et la prière ont été au centre de sa vie. Elle a reconnu ce même visage de Jésus dans les souffrants, les malades, les démunis et les plus pauvres d’entre les pauvres, qu’elle servait avec le sourire, avec joie, générosité, courage, patience et amour. En vivant cette vie d’amour – l’amour de Dieu et l’amour du prochain – de façon héroïque, Mère Teresa a pu apaiser la soif de Jésus sur la Croix. C’est l’une des sept paroles du Christ sur la Croix – « J’ai soif » – qui lui ont donné le désir de travailler au service de la dignité des plus pauvres. Elle est ainsi devenue missionnaire au vrai sens du terme, en apportant l’amour de Dieu aux plus petits des frères et sœurs de Jésus, sans distinction de caste ou de croyance, de religion ou de nationalité. Reconnaissons Jésus dans l’Eucharistie, et rencontrons-le à nouveau dans nos maisons, nos communautés, dans la société et dans toutes les situations, et en particulier dans les plus pauvres d’entre les pauvres. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8, 31)

(Avec Asianews, Calcutta)


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