Eglises d'Asie

Mgr Kikuchi, archevêque de Tokyo : appel en faveur d’un éveil spirituel dans la lutte contre l’épidémie

Publié le 25/03/2020




Les célébrations publiques des principales paroisses de Tokyo ont été suspendues dès le 27 février dernier. Dans un message, Mgr Tarcisio Isao Kikuchi, archevêque de Tokyo, a confié combien il avait été difficile pour lui de prendre cette décision. Il a précisé que les célébrations peuvent encore être célébrées dans les plus petites communautés comptant moins de 50 personnes. Il invite les catholiques japonais à rester en union de prière. L’archidiocèse de Tokyo devrait également annoncer sous peu des mesures pour les célébrations de la semaine sainte et de Pâques. Extraits du message de Mgr Kikuchi.

Nous avons décidé de suspendre toutes les messes publiques depuis le 27 février. Cette décision est impérative pour toutes les célébrations dominicales dans les plus grandes paroisses. Toutefois, les mariages et les obsèques peuvent être célébrées, à condition de respecter les mesures de sécurité pour éviter le risque de contagion. La suspension s’applique aussi aux messes de semaine, à l’exception des plus petites communautés. Ce n’est pas facile pour l’Église de prendre une telle décision. Mais j’espère que les fidèles comprennent la gravité de la situation. Dans les paroisses de l’archidiocèse de Tokyo, on compte de nombreuses églises visitées par un grand nombre de personnes, y compris des touristes qui viennent de tous les pays. De plus, il faut songer au nombre croissant de personnes âgées parmi les fidèles. Il est donc d’autant plus important d’éviter les risques. Nous croyons vraiment dans la force de la prière. Rien ne nous empêchera de prier. Parmi les réactions face au Covid-19, il ne sert à rien d’avoir une Église en ce monde si nous n’ajoutons pas une réponse spirituelle à notre combat contre la maladie.

Redécouvrir la force de la prière

En nous souvenant des paroles de notre Seigneur, qui nous a demandés « faites cela en mémoire de moi », nous pourrions penser que la suspension des messes publiques est un échec spirituel. Mais au contraire, nous devons prier d’autant plus en ce temps de crise. Ce n’est pas une défaite, mais une opportunité de redécouvrir la force de la prière et d’approfondir notre vie spirituelle. En nous reposant sur une foi pleine d’espérance en la vie, avec compassion et amour, prions Dieu notre Père, par l’intercession de notre Mère bien aimée, pour qu’Il vienne en aide aux personnes infectées et que la situation soit pleinement rétablie. À l’origine, nous avions prévu un retour des fidèles à l’église dès le 14 mars, mais c’est impossible avec les nouvelles décisions annoncées par le gouvernement.

Nos décisions sont basées sur la déclaration de la Commission des experts du ministère de la Santé, qui a demandé aux citoyens d’éviter les contacts rapprochés et les rassemblements ; c’est donc ce que nous avons fait. Il est vrai qu’on trouve de petites paroisses au Japon, où seulement 10 à 50 personnes participent à la messe dominicale. Par exemple, le diocèse de Sapporo a précisé que seules les petites communautés de moins d’une dizaine de personnes peuvent continuer à prendre part à la liturgie. Il est important de noter que les messes du dimanche n’ont pas été suspendues pour protéger les fidèles d’une infection, mais plutôt pour éviter qu’ils ne causent eux-mêmes la propagation du virus, en particulier auprès des personnes âgées ou affaiblies. Selon le ministère de la Santé, de nombreux jeunes sont infectés sans montrer aucun symptôme, et ils peuvent être contagieux pour toute la communauté. Malgré mon inquiétude face à cette situation, je suis heureux d’apprendre que beaucoup de catholiques ont exprimé le désir qu’ils ressentent, malgré l’impossibilité face à la crise, de recevoir la communion et de participer à la messe physiquement. Ainsi, ils peuvent comprendre davantage l’importance de l’Eucharistie pour notre vie spirituelle, maintenant qu’ils ont perdu l’opportunité de la recevoir.

(Avec Asianews, Tokyo)


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