Eglises d'Asie

Mgr Mandagi, archevêque de Merauke, invite le pape François en Papouasie

Publié le 05/06/2021




Le 1er juin dans l’archevêché de Merauke, lors d’une rencontre avec les séminaristes et des membres de l’association ISKA (Association of Indonesian Catholic Intellectuals), Mgr Mandagi, archevêque de Merauke (province de Papouasie, dans l’est de l’Indonésie) a espéré une visite prochaine du pape François dans la région. « Ce serait formidable, d’autant plus que la Papouasie est souvent marginalisée et en proie aux violences… Le pape François peut aider à apporter la paix dans la région », a confié l’évêque indonésien.

Mgr Petrus Canisius Mandagi, archevêque de Merauke (au centre), espère une visite prochaine du pape François en Papouasie.

Mgr Petrus Canisius Mandagi, archevêque de Merauke dans la province de Papouasie (en Nouvelle Guinée), dans l’est de l’archipel, a appelé la Conférence épiscopale indonésienne (KWI) à inviter le pape François à visiter son archidiocèse afin d’aider à construire la paix dans la région, toujours en proie aux tensions. L’évêque, âgé de 72 ans, a exprimé son souhait d’une visite papale lors d’une rencontre avec des séminaristes et des membres de l’association catholique ISKA (Association of Indonesian Catholic Intellectuals), le 1er juin à l’archevêché de Merauke. « Une invitation officielle doit venir de la KWI. J’espère que cela se fera et que l’Église catholique en Indonésie l’approuvera », a-t-il confié. « Je ne compte pas enfreindre les règles. Mais j’espère vraiment que ça ne prendra pas trop longtemps. Ce serait formidable de pouvoir organiser une visite dès la fin de la pandémie », a-t-il souligné, en ajoutant qu’une invitation officielle du pape devrait être transmise par l’intermédiaire de l’ambassadeur indonésien près le Saint-Siège. Mgr Mandagi, originaire de la province de Manado, dans l’île de Sulawesi, dans le nord de l’archipel, dirige également la congrégation indonésienne du Sacré-Cœur de Jésus. Il est aussi administrateur apostolique d’Amboina. Concernant la venue du pape, il a remarqué que selon des sources diplomatiques, le pape François avait déjà prévu de visiter l’Indonésie, le Timor Leste (Timor oriental) et la Papouasie-Nouvelle-Guinée en septembre prochain. Mais le voyage apostolique avait été annulé à cause de la crise sanitaire.

« Nous espérons que le pape reprogrammera son voyage en Indonésie après la pandémie. »

« Ce serait formidable que le pape François puisse venir dans l’archidiocèse de Merauke, où l’on trouve le plus grand nombre de catholiques dans toute la Papouasie. D’autant plus que la région est souvent marginalisée et en proie aux violences… Le pape François peut aider à apporter la paix dans la région », a confié l’évêque. Pour lui, une telle visite n’aurait rien à voir avec la politique. « Tout comme la visite du pape en Irak, où il a visité le pays avant tout pour construire la paix. Il pourrait faire de même en venant en Papouasie. » A. M. Putut Prabantoro, membre de l’association ISKA, qui participait à la rencontre avec l’archevêque le 1er juin, a confié que la poursuite des tensions en Papouasie suscitait de plus en plus l’inquiétude de la communauté internationale. En effet, cette année, en seulement quelques mois, deux attaques terroristes ont été planifiées contre Mgr Mandagi, mais l’évêque a pu échapper aux deux et aucune victime n’a été rapportée. La police locale a arrêté onze personnes liées aux groupes terroristes derrière ces actes.

L’évêque lui-même a évoqué ces projets terroristes dans une lettre envoyée au cardinal indonésien Ignazio Suharyo, archevêque de Jakarta. La première tentative a eu lieu le 1er janvier 2021, le jour de son arrivée à Merauke en tant qu’archevêque après son service épiscopal dans le diocèse d’Amboina. Le second projet d’attaque terroriste a eu lieu le dimanche 30 mai durant la messe, dans la cathédrale de Merauke. Selon la police locale, ces actions semblent avoir pour but de provoquer une nouvelle vague de violences dans le district de Merauke et dans d’autres territoires de Papouasie. « Dans ce contexte, je suis d’accord avec Mgr Mandagi. Tant que c’est dans l’intérêt de notre pays, je suis prêt à le soutenir du fond du cœur », confie A. M. Putut Prabantoro. L’ambassadeur de l’Indonésie près le Saint-Siège, Laurentius Amrih Jinangkung, a également confirmé qu’une invitation du pape François serait un geste fort. « Nous espérons vraiment que le pape François reprogrammera son projet de voyage en Indonésie après la pandémie. Cette visite aurait du sens non seulement pour les catholiques mais également pour tout le pays. Je constate que le Vatican consacre beaucoup de temps à promouvoir la tolérance entre les différentes communautés religieuses. »

(Avec Ucanews)


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