Eglises d'Asie

Mgr Tarcisius Isao Kikuchi, archevêque de Tokyo, a réagi à l’assassinat de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe

Publié le 13/07/2022




Le 9 juillet, le lendemain de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe dans la ville de Nara, capitale de la préfecture d’Honshu, Mgr Tarcisius Isao Kikuchi, archevêque de Tokyo et secrétaire général de la FABC (Fédération des conférences épiscopales d’Asie), a fermement condamné l’attaque à main armée, survenue lors d’un meeting politique dans le cadre des élections parlementaires locales : « La violence tue la démocratie. La violence tue la liberté. La violence tue la justice. Les différences d’opinions politiques doivent être résolues par le dialogue et par le vote en toute liberté. »

L’Église locale et Shinzo Abe avaient des divergences d’opinions mais aussi beaucoup de respect mutuel selon Mgr Kikuchi, archevêque de Tokyo.

Mgr Tarcisius Isao Kikuchi, archevêque de Tokyo, a fermement condamné l’assassinat de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, tout en déplorant l’usage de la violence comme moyen de pression politique. « La violence tue la démocratie. La violence tue la liberté. La violence tue la justice. Les différences d’opinions politiques doivent être résolues par le dialogue et par le vote en toute liberté. Seul le dialogue apporte une réelle solution pour établir la justice et la paix », a-t-il déclaré, cité le 9 juillet par la radio catholique RVA (Radio Veritas Asia).

« J’ai été profondément attristé et choqué d’apprendre la nouvelle de l’attaque contre l’ancien Premier ministre du Japon, M. Shinzo Abe. Je me sens attristé mais aussi indigné, parce que c’est une provocation violente contre ce en quoi nous croyant dans ce pays », a ajouté l’archevêque de la capitale japonaise, qui est également secrétaire général de la FABC (Fédération des conférences épiscopales d’Asie).

L’évêque a réagi peu après avoir appris que Shinzo Abe avait été abattu dans le dos par un ex-Marine à l’aide d’une arme à feu d’apparence artisanale, durant une campagne politique soutenant des candidats locaux dans le cadre des élections parlementaires locales, le 8 juillet dans la ville de Nara (capitale de la préfecture d’Honshu). L’ancien Premier ministre, âgé de 67 ans, a été emmené en urgence dans un hôpital local où il est mort quelques heures plus tard.

« Malgré nos divergences, M. Abe a montré beaucoup de respect pour l’Église »

La nouvelle a suscité de vives réactions à l’échelle mondiale, et de nombreux dirigeants ont condamné l’assassinat et partagé leurs condoléances. Les forces de l’ordre ont arrêté l’assassin immédiatement tout en tentant d’éclaircir les motivations du tireur, qui seraient liées à la secte Moon. Il aurait voulu se venger de l’organisation, pensant que Shinzo Abe en était membre. Plusieurs milliers de Japonais ont rendu hommage à l’ancien Premier ministre en se joignant aux funérailles, célébrées au temple Zojoji, le 12 juillet à Tokyo.

Mgr Kikuchi a reconnu que l’Église catholique au japon et Shinzo Abe avaient des divergences d’opinions sur différents sujets, tout en assurant que l’ancien dirigeant avait beaucoup de respect pour l’Église. « Bien que nous, évêques catholiques du Japon, et l’ancien Premier ministre avons des différences d’opinions, notamment sur le désarmement nucléaire, la politique d’énergie nucléaire et la Constitution pacifiste, M. Abe a montré beaucoup de respect pour l’Église catholique, en particulier envers le Saint-Siège, car il devait avoir compris l’influence du Saint-Père sur la société internationale sur les questions liées à la paix », a-t-il poursuivi.

Rencontre privée entre Shinzo Abe et le pape François en 2019

Pour l’archevêque, cela a permis la visite du pape François au Japon en 2019. « M. Abe et le Saint-Père se sont rencontrés à Tokyo pour un échange privé sur différentes questions, et tous deux ont accepté de continuer de défendre un monde sans armes nucléaires, et de promouvoir l’éradication de la pauvreté, les droits de l’homme et la protection de l’environnement », a souligné l’évêque japonais, en précisant qu’ils avaient les mêmes objectifs mais que leurs approches étaient différentes.

Shinzo Abe, membre du Parti libéral-démocrate (PLD), a été Premier ministre du japon en 2006-2007 puis de 2012 à 2020, avant de démissionner pour raisons de santé. Il a été salué pour avoir revitalisé l’économie japonaise après des décennies de stagnation, et pour avoir renforcé l’image politique du pays en soutenant ses liens avec l’Occident, dont le gouvernement américain.

Toutefois, sa tentative de remilitariser le Japon face à une escalade des tensions avec la Chine et la Corée du Nord, et ses visions révisionnistes sur le rôle du Japon durant la Seconde Guerre mondiale, ont suscité des polémiques dans le pays et à l’étranger. Malgré tout, pour Mgr Kikuchi, Shinzo Abe doit être honoré pour ses contributions à la nation et au monde. « Personne n’a le droit d’avoir recours à la violence pour faire taire l’opposition », a déploré l’archevêque de Tokyo. « Je prie pour son repos éternel et pour les membres de sa famille. »

(Avec Ucanews)