Eglises d'Asie

Mumbai : l’Église indienne prie pour les victimes d’abus à l’occasion du premier vendredi de Carême

Publié le 23/02/2021




À l’occasion du premier vendredi de Carême, le 19 février, la Conférence épiscopale indienne a organisé une journée de prière pour les victimes d’abus sexuels dans le pays, dans le but de sensibiliser les catholiques indiens sur les violences faites aux mineurs. Pour sœur Arina Gonsalves, membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, cette journée est une occasion de mieux faire connaître la situation des abus, qui « sont toujours une réalité dans notre société, en particulier dans le monde digital », et de tendre vers une politique de « tolérance zéro » envers les coupables.

En 2014, lors d’une manifestation organisée à Bangalore pour sensibiliser la population sur les violences faites aux enfants et aux femmes dans le pays.

Tous les ans à l’occasion du premier vendredi de Carême, l’Église catholique indienne organise une journée de prière pour les victimes d’abus. Sœur Arina Gonsalves, membre de la Congrégation des Religieuses de Jésus-Marie (RJM) et de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, explique que ce rendez-vous annuel a été lancé afin de « prier pour les victimes et pour les rescapés d’abus dans le pays ». Pour la religieuse, « le premier vendredi de Carême est une bonne occasion pour sensibiliser les fidèles sur ce traumatisme psychologique et spirituel que beaucoup de victimes doivent porter tous les jours ». « Cela nous aide à comprendre que nous n’avons pas su protéger nos enfants et garantir leur sécurité face aux abus sexuels », ajoute sœur Gonsalves. « Prier avec cette intention, cela apporte un soutien aux victimes, pour les aider à guérir de leurs blessures. Cela aide également les familles des victimes à mieux comprendre leur souffrance et leur déception. En fin de compte, cette journée de prière permet aux communautés d’être mieux sensibles aux réalités des abus et des violences faites aux mineurs et aux adultes vulnérables. Cette situation est toujours une réalité, en particulier dans notre monde digital », regrette la religieuse.

Sœur Gonsalves, qui est également membre d’un groupe de l’archidiocèse de Mumbai spécialisé dans la protection de l’enfance, souligne également que l’Église catholique indienne lutte contre ce fléau depuis déjà de nombreuses années. « En tant que président de la Conférence épiscopale indienne, le cardinal Oswald Gracias a formulé plusieurs directives concernant l’abus des mineurs dans les institutions dirigées par l’Église locale », poursuit-elle. « Il a également demandé à tous les évêques et responsables religieux de l’Église catholique en Inde d’appliquer les directives concernant la protection des mineurs dans leurs diocèses respectifs. Il a aussi appliqué la politique de tolérance zéro prônée par le pape François », assure la religieuse indienne. « Dans toutes les institutions de l’archidiocèse de Mumbai, nous respectons les directives pour la protection de l’enfance dans le cadre de la Loi pour la protection des enfants contre les violences sexuelles, votée par le Parlement indien en 2012. »

(Avec Asianews, Mumbai)


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Ians