Eglises d'Asie

New Delhi : trois cardinaux indiens appellent Narendra Modi à inviter le pape François en Inde

Publié le 23/01/2021




Ce mardi 19 janvier dans les bureaux du Premier ministre indien (Prime Minister’s Office) de New Delhi, le cardinal Oswald Gracias (président de la Conférence épiscopale indienne), le cardinal George Alencherry (de l’Église syro-malabare) et le cardinal Baselios Cleemis (de l’Église syro-malankare) ont rencontré Narendra Modi afin de lui faire part de plusieurs préoccupations concernant les chrétiens indiens. Ils ont également appelé une nouvelle fois le Premier ministre à inviter le pape François en Inde – une visite papale « attendue depuis longtemps » selon le cardinal Alencherry.

En 2018, le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Mumbai et président de la Conférence épiscopale indienne (CBCI), avec le Premier ministre Narendra Modi à New Delhi.

Le 19 janvier, trois cardinaux indiens ont rencontré le Premier ministre Narendra Modi dans ses bureaux (Prime Minister’s Office), à New Delhi. Le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Mumbai et président de la conférence des évêques de l’Inde (CBCI), le cardinal George Alencherry, archevêque du diocèse syro-malabar d’Ernakulam-Angamali (Kerala), et le cardinal Baselios Cleemis, archevêque majeur de Trivandrum (Kerala) des syro-malankars, ont rencontré le Premier ministre afin de lui faire part de différentes préoccupations partagées par les chrétiens. Ils l’ont également appelé une nouvelle fois à inviter le pape François en Inde – il y a trois ans, ils avaient été déçus par le refus du gouvernement d’inviter le souverain pontife dans le pays. Une visite papale « est attendue depuis longtemps », a confié le cardinal Alencherry aux médias après leur rencontre avec Narendra Modi. « Nous espérons une décision prochaine du Premier ministre. » En 2017, quatre ans après son élection pontificale, le pape François avait fait part de son souhait de se rendre en Inde, et les responsables chrétiens dans le pays espéraient sa visite au cours de l’année. Mais le pape avait finalement annulé ses projets de visite en Inde, pour se rendre en Birmanie et au Bangladesh, en l’absence d’invitation de la part du gouvernement de Narendra Modi, dirigé par le parti pro-hindou du Bharatiya Janata Party (BJP).

Les chrétiens représentent 2,3 % de la population indienne

Les cardinaux ont également fait part de leur souhait d’une distribution équitable des aides sociales aux minorités religieuses comme les musulmans et les chrétiens. Les musulmans, qui forment la plus grande minorité religieuse dans le pays et qui représentent près de 14 % de la population sur 1,3 milliard d’habitants, bénéficient de plus de 80 % de ces aides. Les chrétiens, quant à eux, représentent seulement 2,3 % de la population indienne. Pourtant, dans les États ou les districts où ils sont plus fortement représentés, comme au Kerala ou au Jharkhand, le gouvernement pourrait allouer des fonds qui correspondent mieux à ces situations, estiment les cardinaux. Ces derniers ont également évoqué la libération du père Stan Swamy, un prêtre jésuite et défenseur des droits de l’homme, âgé de 83 ans, arrêté le 8 octobre 2020 après avoir été accusé d’être lié à des groupes maoïstes. Le prêtre est toujours en prison, et sa libération sous caution a été refusée à plusieurs reprises. Avant son arrestation, le jésuite a affirmé qu’il était arrêté pour avoir défendu les droits des pauvres, comme d’autres activistes qui n’hésitent pas à « exprimer leur opposition ou faire part de leurs interrogations aux dirigeants au pouvoir en Inde ». Le cardinal Alencherry a souligné, cependant, que les questions politiques n’étaient pas le but des échanges entre les cardinaux et le Premier ministre, qui a confié une nouvelle fois sa reconnaissance concernant les contributions des chrétiens indiens dans les domaines de l’éducation, du travail social et de la santé.

(Avec Ucanews, New Delhi)


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