Eglises d'Asie

Noël en Odisha : la joie des chrétiens de Kandhamal, malgré la pandémie

Publié le 31/12/2020




Après plusieurs mois sans pouvoir participer physiquement à la messe et sans pouvoir venir prier dans les églises, les autorités ont permis aux habitants de Kandhamal, dans l’État d’Odisha, dans l’est de l’Inde, d’assister aux célébrations de Noël, malgré des restrictions sanitaires strictes – 50 personnes dans les grandes églises, 20 dans les petites églises. Pourtant, le père Prados, curé de la paroisse de Notre-Dame de Charité de Raikia, assure que « la naissance de Jésus annonce un nouveau départ pour les habitants de Kandhamal ; ni le Covid, ni les persécutions antichrétiennes ne peuvent vaincre la foi ».

« Noël est merveilleux ; l’Emmanuel – Dieu avec nous – est venu habiter parmi nous, auprès du petit peuple de Kandhamal ; Jésus est né pour nous », se réjouit le père Prados, curé de la paroisse de Notre-Dame de Charité de Raikia, dans le district de Kandhamal, dans l’État d’Odisha (dans l’est de l’Inde). « La fête de la Nativité à Raikia a été impressionnante. Malgré le Covid-19 et les consignes du gouvernement, il y eut une participation fervente et joyeuse à la liturgie, le jour de Noël », ajoute-t-il. « Le gouvernement a annoncé que seul un nombre limité de personnes – 50 personnes dans les grandes églises, 20 dans les petites – pouvait participer à la messe le jour de Noël. Nous avons donc augmenté le nombre de célébrations, et les gens sont venus, ils ont revêtu leurs vêtements festifs traditionnels et leurs masques, et ils ont respecté les règles sanitaires et la distanciation physique », assure le prêtre.

« Dans nos stations missionnaires situées dans les régions rurales reculées, nous avons organisé entre cinq et six messes de Noël pour permettre à davantage de personnes de venir, et les distanciations ont pu être respectées facilement », poursuit-il. « Tout le monde était tellement heureux. Après autant de mois sans recevoir les sacrements et sans pouvoir venir prier dans les églises, ils étaient soulagés de pouvoir venir, et ils étaient visiblement heureux de participer », salue le père Prados. « La naissance de Jésus annonce un nouveau départ pour les habitants de Kandhamal ; ni le Covid, ni les persécutions antichrétiennes ne peuvent vaincre la foi et le courage des gens. Ils sont venus adorer et louer le nouveau-né Sauveur du monde, le Prince de la Paix, le seul qui peut vraiment les sauver et les protéger. La foi des gens de Kandhamal grandit, et nous avons pu le constater le jour de Noël. »

« Ils attendaient ce jour depuis longtemps »

Le père Purshottam Nayak, de son côté, a célébré deux messes dans une station missionnaire de Raikia, dans un des villages au cœur des persécutions antichrétiennes de 2008. « À Tiangia, où les gens ont connu certaines des pires violences antichrétiennes, des survivants, jeunes et vieux, sont venus à la messe. Ils étaient tous heureux. On ne peut pas expliquer à quel point. Après tant de mois sans pouvoir participer physiquement à la messe, ils étaient heureux de chanter ensemble et ils avaient tous le sourire. L’ambiance était vraiment joyeuse, ils attendaient le jour de Noël depuis un moment », explique le père Nayak. À Tiangia, on trouve un monument qui porte les noms de sept martyrs des violences de Kandhamal, en 2008 : le père Bernard Digal (décédé le 28 octobre 2008), Trinath Digal (25 août 2008), Bikram Nayak (25 août 2008), Parikhit Nayak (27 août 2008), Darasantha Pradhan (25 août 2008), Dibyasing Digal (25 août 2008) et Dinabandhu Pradhan (27 août 2008).

(Avec Asianews, Mumbai)


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