Eglises d'Asie

Nucléaire : les Sud-Coréens favorables au rôle de médiateur joué par Séoul selon deux études

Publié le 21/03/2019




Deux études récentes, menées par le Conseil consultatif de l’unification nationale et l’Institut coréen pour l’unification nationale, ont interrogé un échantillon de Sud-Coréen à propos du processus de paix et de dénucléarisation dans la péninsule coréenne. Ainsi, près de 62,4 % des répondants sont favorables à la relance du parc industriel de Kaesong et du complexe hôtelier de Mount Kumgang, des projets intercoréens en Corée du Nord qui avaient été fermés respectivement en 2016 et en 2008. En revanche, les plus jeunes apparaissent plus indifférents ou plus négatifs envers le processus de réunification. Par ailleurs, 63,9 % des interrogés approuvent le rôle de médiateur joué par Séoul entre Washington et Pyongyang.

Selon deux études récentes menées par deux agences du gouvernement sud-coréen, les soutiens de la population en faveur de la réunification varient de plus en plus selon l’âge et le sexe. Ainsi, selon ces études effectuées par le Conseil consultatif de l’unification nationale et l’Institut coréen pour l’unification nationale, les jeunes et les femmes auraient une vision plus pessimiste sur les échanges intercoréens. Selon l’une des deux études, 62,4 % des Sud-Coréens sont favorables à la relance de deux projets communs en Corée du Nord, près de la frontière intercoréenne, à savoir le parc industriel Kaesong et le complexe hôtelier de Mount Kumgang (près de la côte est nord-coréenne). Selon les participants aux études, ces deux initiatives peuvent contribuer à la fois à la dénucléarisation et à l’économie locale. Séoul a ordonné la fermeture de Kaesong Park en 2016 suite aux provocations militaires et nucléaires de Pyongyang. Le complexe de Kumgang a été fermé en 2008 quand un touriste sud-coréen a été tué par un soldat nord-coréen. Le gouvernement sud-coréen essaie de relancer les deux projets, convaincu que davantage d’échanges entre les deux Corées peuvent favoriser un climat de paix et encourager les négociations sur la dénucléarisation. Actuellement, le processus de dénucléarisation semble s’être paralysé suite à l’échec du second sommet entre le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump, à Hanoï.

Toutefois, les échanges intercoréens dépendent de la levée des sanctions américaines contre la Corée du Nord, ce que Washington refuse. Les études constatent également que 54 % des répondants soutiennent l’assouplissement des sanctions suite aux progrès des négociations sur le nucléaire, alors que 41,6 % des répondants pensent que les sanctions devraient être maintenues jusqu’à la dénucléarisation complète. Concernant le rôle de médiateur joué par Séoul entre Washington et Pyongyang en organisant des échanges intercoréens, 63,9 % des personnes interrogées estiment que la tenue d’un sommet entre le président sud-coréen Moon Jae-in et Kim Jong-un est la meilleure solution. Dans la perspective de futures négociations sur le nucléaire entre Washington et Pyongyang, 58,1 % des répondants se disent optimistes malgré l’échec du sommet de Hanoï, contre 37,6 % de personnes plus pessimistes face à la situation actuelle. Contrairement aux plus âgés, les jeunes Sud-Coréens ayant répondu aux enquêtes semblent moins intéressés par les pourparlers de paix, ce qui pose question sur leur indifférence apparente envers la réunification avec le Nord. Selon l’enquête conduite par l’Institut coréen pour la réunification nationale, 45 % des 20 à 30 ans et 40 % des trentenaires pensent que l’unification n’est pas nécessaire. De leur côté, seulement 19 % des 60 ans et plus pensent la même chose, et 22 % des 50 à 60 ans.

(Avec Asianews, Séoul)


CRÉDITS

Official White House Photo by Joyce N. Boghosian