Eglises d'Asie

Patna : 84 prêtres renoncent à une partie de leur salaire au profit des pauvres et des demandeurs d’emploi

Publié le 02/09/2020




L’archidiocèse de Patna, malgré la pandémie, a pu poursuivre ses activités caritatives grâce à une plateforme interdiocésaine fondée en 2014, appelée Sewa Kendra, et grâce à l’investissement des catholiques de la région, dans l’État du Bihar, dans le nord-est de l’Inde. Avec notamment 84 prêtres de l’archidiocèse qui ont renoncé à une partie de leur salaire mensuel, durant le confinement, afin de venir en aide aux plus pauvres et aux travailleurs migrants ayant perdu leur emploi. Les plus affectés par la situation économique sont en effet les familles des migrants internes. Ces derniers, touchés de plein fouet par la crise, sont près d’1,3 million dans la région.

Dans l’archidiocèse de Patna, dans l’État du Bihar dans le nord-est de l’Inde, 84 prêtres ont renoncé à une partie de leurs revenus mensuels pour venir en aide aux plus pauvres et aux demandeurs d’emploi durant la pandémie. « Grâce à leur générosité, l’Église catholique a pu fournir des aides aux personnes en difficulté, fabriquer et distribuer des masques de protection ainsi que du gel désinfectant, et lancer des programmes de sensibilisation sur le coronavirus », explique le père Amal Raj, directeur du centre de service social de l’archidiocèse de Patna. La pandémie n’a pas affecté l’engagement de la communauté catholique locale auprès des personnes dans le besoin, dans l’un des États les moins développés du pays, où le confinement a pourtant eu de lourdes conséquences économiques sur une large part de la population. Les plus affectés sont les familles des ouvriers migrants internes, qui sont près d’1,3 million dans la région. Après s’être déplacés dans d’autres parties du pays en recherche d’emploi, ils ont dû rentrer dans leurs villages en raison du confinement et de la cessation des activités économiques. Près de 33 % des habitants du Bihar vivent sous le seuil de pauvreté. Les catholiques représentent moins d’1 % d’entre eux, mais la contribution des six diocèses de l’État du Bihar au développement local est plus que significative et visible.

Grâce à Sewa Kendra, une plateforme interdiocésaine locale, les catholiques ont pu poursuivre leurs œuvres caritatives malgré la pandémie. Par exemple, afin d’assurer la sécurité financière des travailleurs migrants ayant perdu leur emploi durant le confinement, des animaux d’élevage comme des moutons, des poulets, des canards ou des oies ont été fournis aux familles de migrants. La plateforme, fondée en décembre 2014 par Mgr William D’Souza, archevêque de Patna, est avant tout consacrée au développement socio-économique du Bihar, ainsi qu’à l’éducation des enfants des villages ruraux et à l’émancipation des femmes. « Ses projets sont financés grâce aux dons des bienfaiteurs, mais la crise économique, avec la fermeture de nombreuses entreprises, a réduit la quantité des aides disponibles », souligne le père Raj. Pour l’Église locale, l’illettrisme, en particulier chez les femmes, est l’un des plus grands obstacles au développement de l’État du Bihar. Sœur Anila SCN, du diocèse de Muzzafarpur, explique que la plateforme Sewa Kendra est plus que jamais engagée pour cette cause. « Les filles et les femmes doivent pouvoir s’émanciper grâce à l’éducation. Cela ne peut qu’être bénéfique à la vie des familles et à celle de la société en général. »

(Avec Asianews, Patna)


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