Eglises d'Asie

Père Alfred Maravilla : « La fête de Noël nous amène au cœur de notre foi chrétienne »

Publié le 15/12/2020




« Les missionnaires ne sont pas que des travailleurs sociaux, mais avant tout des évangélisateurs qui proclament le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu », souligne le père Alfred Maravilla, un salésien philippin de 57 ans. Pour le missionnaire, qui a passé 21 ans en Papouasie Nouvelle Guinée et dans des régions où l’on ne peut « pas mentionner le nom de Jésus ni afficher des symboles chrétiens », le témoignage chrétien doit être « manifeste » au point « d’intéresser les gens à Jésus ». En mars, il est devenu conseiller du département des missions de son ordre. On compte près de 4 268 Salésiens en Asie, où ils dirigent près d’un millier d’établissements éducatifs. Voici le témoignage du père Maravilla.

La fête de Noël nous amène au cœur de notre foi chrétienne. Toutefois, quand toute référence à la naissance du Christ est supprimée, ce n’est plus Noël. Vraiment, il n’y a pas de Noël sans Jésus Christ ! Nous sommes souvent invités à commencer une présence salésienne dans beaucoup d’endroits, parce qu’ils apprécient notre ministère auprès des pauvres et des jeunes abandonnés, les formations techniques assurées dans nos centres ou encore notre travail social auprès des réfugiés, des jeunes marginalisés et des personnes déplacées. C’est une grande bénédiction. Mais cela peut aussi représenter un risque. En tant que Salésiens, nous risquons de nous concentrer tellement sur notre travail auprès des plus démunis et des marginalisés que nous pourrions devenir davantage des travailleurs sociaux que des évangélisateurs. Si cela arrive, bientôt, le désir de faire le bien disparaîtra peu à peu et la joie d’évangéliser ne sera plus là. Il n’y a pas de mission sans le Christ. En fait, « il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés » (saint Paul VI, Evangelii Nuntiandi, 22). Vraiment, « aucun de ceux qui croient au Christ, aucune institution de l’Église ne peut se soustraire à ce devoir suprême : annoncer le Christ à tous les peuples » (saint Jean-Paul II, Redemptoris Missio, 3).

Il y a pourtant des situations ou des contextes où nous ne pouvons même pas mentionner le nom de Jésus ni afficher des symboles chrétiens, Dans ces cas-là, même s’il n’est pas prudent de parler de Jésus, nous ne devons jamais perdre ce désir intérieur et cette intention profonde de faire ce que nous faisons pour témoigner de Jésus. Le but est de vivre d’une telle façon que le témoignage de toute notre vie devienne un moyen pour susciter l’intérêt et l’envie de découvrir la personne de Jésus. Vraiment, « à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive » (Benoît XVI, Deux Caritas Est, 1). Vivre l’esprit missionnaire de Don Bosco aujourd’hui, cela veut dire renouveler tous les jours notre rencontre personnelle avec Jésus Christ ; ainsi, même si nous ne prêchons pas nous-mêmes, nous devenons les porteurs crédibles du message que nous amenons : notre Seigneur Jésus Christ !

(Avec Asianews)


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